
L’histoire retiendra que c’est sous la présidence de Denis Kadima Kazadi, président de la Commission électorale nationale indépendante de la RD-Congo -CENI/RDC-, que l’Assemblée générale constitutive du Réseau des organes de gestion des élections de l’Afrique centrale -ROGEAC- s’est ouverte le jeudi 29 mai à Bujumbura, en République du Burundi. Ce moment historique marque l’aboutissement de plusieurs tentatives menées au fil des années pour doter la sous-région d’un mécanisme permanent de coopération et de dialogue entre institutions électorales.
Pendant deux jours, les représentants de neuf pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale -CEEAC- vont jeter les bases de ce nouvel espace d’échanges, de solidarité technique et d’innovation électorale au service de la démocratie en Afrique centrale. Dans son allocution d’ouverture, le président de la CENI, également président du comité d’organisation de ces assises, a salué un tournant attendu depuis plusieurs années.
«Ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement de plusieurs tentatives, parfois inachevées. Moins de trois mois après la réunion de mi-mars à Accra, nous sommes prêts à lancer officiellement le ROGEAC», a déclaré Denis Kadima, insistant sur l’objectif du réseau. Il s’agit notamment de créer un cadre opérationnel d’apprentissage mutuel, de développement de bonnes pratiques, d’alignement sur des standards électoraux rigoureux mais adaptés aux réalités régionales. Les travaux de Bujumbura s’articulent autour de trois priorités. D’abord, l’adoption des textes fondateurs du ROGEAC; puis l’élection d’un nouveau comité exécutif; et, enfin, la définition du plan de travail pour les deux prochaines années.
Le futur comité exécutif qui sera installé dès le lendemain, aura pour première mission de coordonner un atelier stratégique destiné à établir une vision commune, des valeurs partagées et des objectifs clairs pour guider l’action du réseau dans la durée. Présent à Bujumbura, l’ambassadeur Callixte Mbari, représentant de l’Union africaine, a salué ce moment «symbolique et fondateur».
«En mettant en place le ROGEAC, vous vous offrez un espace d’échanges, de mutualisation et de renforcement de l’intégrité électorale», a-t-il signifié, rappelant que ce rêve avait été porté par de nombreuses voix, notamment celle de feu l’Abbé Apollinaire Malu-Malu, avant de rendre hommage au leadership du président Kadima. L’Union africaine a aussi salué le soutien des partenaires techniques, notamment ECES, EISA, IDEA International, ainsi que le gouvernement italien. En tant que pays hôte, le président de la CENI du Burundi, Prosper Ntahorwamiye, a chaleureusement accueilli les délégations. «Le ROGEAC est né au Burundi. Son acte de naissance sera établi ici, sur les rives du Tanganyika», a-t-il déclaré.
Il a rappelé que le Burundi est engagé dans un important cycle électoral, avec des élections législatives et communales prévues le 5 juin 2025. Ce contexte donne à la rencontre une dimension d’observation et de partage d’expériences pratiques. Il a cité le héros de l’indépendance burundaise, avant de conclure: «comme le disait le Prince Louis Rwagasore: ‘’Vous nous jugerez à nos actes’’». Avec la création du ROGEAC, l’Afrique centrale rejoint enfin les autres sous-régions du continent dotées d’un mécanisme structuré de coopération électorale. La CEEAC a déjà marqué son accord de principe pour abriter le siège du Réseau à Libreville.

