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Me Didier Kondo: «Fayulu croit nuire au mandat du Chef de l’Etat, mais il se trompe»

La polémique née autour de l’affaire des juges Noël Kilomba et Jean Ubulu de la Cour constitutionnelle nommés à la Cour de cassation sur fond de l’initiative de Martin Fayulu et Théodore Ngoy de traduire en justice le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo pour violation de la Constitution n’en finit pas. Du côté du parti présidentiel, on accuse les auteurs de telle initiative de «jouer à l’intelligence négative pour nuire au mandat du Président Félix Tshisekedi». Me Didier Kondo Pania, porte-parole général des 4 Interfédérales de l’UDPS/Tshisekedi, se confiant le week-end dernier à AfricaNews, a fait savoir que Martin Fayulu et compagnons se sont trompés la cible en ayant un rêve qu’ils savent déjà eux-mêmes être irréaliste. Ce cadre du parti présidentiel s’est dit étonné de constater que Martin Fayulu Madidi, puisse aujourd’hui réclamer la destitution du Président de la République qu’il n’a jamais reconnu, lui qui s’est toujours considéré comme étant le Président élu à la dernière présidentielle. D’emblée, Me Kondo a défendu son camp: «le Président Tshisekedi n’a jamais violé la Constitution». Et de poursuivre: «pour Fayulu, c’est lui le Président élu. Il poursuivait la vérité des urnes. Et, aujourd’hui que Fayulu sollicite la mise en accusation d’un président qu’il ne reconnaît, c’est un monde à l’envers. Autant abandonner la politique». Me Kondo pense que le président de l’ECIDE et un des leaders de Lamuka a tapé à côté de la plaque et que la soif du fauteuil présidentiel raté l’a fait craquer étant donné que la Constitution n’est pas violée. Me Kondo a rappelé que le Président Tshisekedi vient d’une très grande école de la démocratie qui prône l’Etat de droit et ne peut en aucun cas marcher sur les droits humains. C’est ainsi qu’il a évoqué l’article 150 de la Constitution consacré à la nomination de magistrats. «Le magistrat du siège, donc le juge, est inamovible. C’est-à-dire on ne peut pas le déplacer sauf quand il est question d’une nomination nouvelle ou par rotation motivée par le Conseil supérieur de la magistrature -CSM», a-t-il insisté, brandissant cet article de la Constitution. Et de se demander: «s’agit-il d’une nomination nouvelle? Oui, a-t-il répondu», précisant que «cette nomination est conforme à la Constitution». Puis: «De deux, y a-t-il eu rotation motivée du CSM? Nous disons oui parce que les juges Ubulu et Kilomba, en étant à la Cour constitutionnelle, y étaient non pas du fait de la composante Parlement ou celle Président de la République, mais plutôt de la composante Conseil supérieur de la magistrature parce qu’ils étaient des magistrats de carrière». Cet avocat au Barreau de Kinshasa Gombe et au Barreau d’Ottawa au Canada a ironisé que si violation il y a, c’est une violation qui n’existe que dans la tête de Fayulu. «Car, a-t-il enchaîné, Martin Fayulu croit que ce qu’il avait fait pour faire rater le pouvoir au niveau du gouvernorat de la ville de Kinshasa à un membre du MLC en 2006 alors qu’il était indépendant mais allié au MLC». Puis: «Aujourd’hui, Fayulu croit jouer à la même intelligence négative pour nuire au mandat du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Nous disons non, il se trompe». Comme quoi, UDPS/Tshisekedi est disposée à défendre le pouvoir pour lequel elle a milité durant 37 ans des souffrances et sacrifices suprêmes. A en croire les dires de Théodore Ngoy: «En nommant le juge Ubulu et le juge Kilomba à la Cour de cassation, le Président de la République a intentionnellement violé la Constitution. En effet, au regard des dispositions de l’article 158, le Chef de l’État doit attendre 2021 en avril, après le tirage au sort pour que dans le groupe du Conseil supérieur de la magistrature, un juge, seul juge, soit remplacé après le tirage au sort. Et que le dans le groupe Parlement qu’il y ait aussi un juge à remplacer. Pour le moment, il n’y a pas de juges en fin de mandat et le mandat du juge à la Cour constitutionnelle ne peut pas prendre fin par décision du Président de la République. Il prend fin par décès, par expiration du mandat ou par démission volontaire ou par démission d’office. Nous ne sommes pas dans ce cas d’espèce». Et d’ajouter: «en l’ayant fait, le Président de la République s’est rendu coupable de haute trahison, il est loisible au Sénat et à l’Assemblée nationale réunis en Congrès de le mettre en accusation s’il y échet. Nonobstant ce qu’en dit le règlement du Congrès et même le règlement de la Cour constitutionnelle, les dispositions constitutionnelles étant au-dessus de toutes les autres dispositions, il est loisible au Sénat s’il y échet de mettre en accusation le Président de la République pour violation intentionnelle de la Constitution». Concernant Martin Fayulu, il a déclaré sur Radio Okapi le 1er septembre 2020: «Nous disons que nous voulons construire un Etat de droit. Ce n’est pas un mot qu’on lance en vain. Il faut que les actes suivent. M. Tshisekedi n’est pas légitime. Il pose des actes en violation intentionnelle de la Constitution. M. Félix Tshisekedi court un risque énorme. Il doit être traité de haute trahison». Selon certains observateurs, ce débat sur la destitution du Chef de l’Etat serait stérile, car ni Martin Fayulu ni Théodore Ngoy, personne ne siège dans l’une des deux chambres du Parlement RD-congolais. «Je ne vois pas par quel mécanisme les sociétaires du FCC qui ont boycotté les assises initiées par Bob Kabamba avec le concours de l’Université libre de Bruxelles, s’attachant à leur coalition FCC-CACH puissent suivre la voie de Fayulu et Ngoy pour destituer Félix Tshisekedi», a confié un cadre proche de l’UDPS sous le sceau d’anonymat.

Octave MUKENDI

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