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Kinshasa prépare les Conversations nationales sur l’extrémisme violent

Kinshasa, la capitale RD-congolaise, s’apprête à accueillir, dans les prochains jours, les Conversations nationales, un grand rendez-vous de réflexion et d’action sur les causes profondes des crises qui minent la RD-Congo. Organisées avec l’appui technique du Secrétariat national pour le renforcement des capacités -SENAREC-, ces assises de quatre jours se dérouleront sous le thème central de la prévention de l’extrémisme violent. Trois jours seront consacrés à ce fléau devenu tentaculaire dans la société RD-congolaise, tandis qu’un Side Event clôturera les travaux autour d’un sujet tout aussi crucial: le financement des priorités nationales par des ressources domestiques.

Un rendez-vous de haut niveau

Près de cent participants sont attendus: gouverneurs de provinces, ministres provinciaux du Plan, administrateurs de territoires, responsables de divisions provinciales, représentants d’institutions publiques et acteurs de la Société civile. Les autorités coutumières ont, elles aussi, confirmé leur engagement à accompagner cette démarche nationale, signe d’une approche inclusive voulue par le gouvernement.

Une réunion préparatoire s’est tenue récemment au Salon Virunga du ministère de l’Intérieur, rassemblant les principales parties prenantes, nationales et internationales. Dans son mot d’ouverture, le directeur de cabinet du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, a dressé un tableau lucide de la situation: «la RD-Congo traverse une période marquée par des violences persistantes à l’Est et des tensions communautaires à l’Ouest, notamment dans le Maï-Ndombe».

Des crises qui, selon lui, fragilisent les communautés et compromettent les efforts de paix menés par l’État. «Les Conversations nationales devront donc accoucher de propositions solides et de résolutions ambitieuses, capables de soutenir les actions du gouvernement central et des exécutifs provinciaux», a-t-il souligné.

Le PNUD alerte sur la montée de la violence

Présent à cette réunion, le représentant du Programme des Nations unies pour le développement -PNUD- a partagé les conclusions d’études internationales sur les dynamiques de la violence. Il a distingué plusieurs phénomènes souvent confondus, à savoir: l’extrémisme violent, défini comme la décision délibérée de tuer pour un gain politique; le terrorisme, forme organisée de violence transnationale; et les conflits intercommunautaires, qui naissent des fractures locales.

«La RD-Congo, entourée de pays touchés par des groupes armés islamistes, doit anticiper», a-t-il prévenu, avant de souligner que les racines du mal RD-congolais sont d’abord socio-économiques, politiques et identitaires. Citant les cas de l’ADF et du M23, il a évoqué les liens étroits entre violence armée et exploitation illégale des ressources naturelles, notamment dans le parc des Virunga, dont la déforestation dépasse aujourd’hui 30%. «L’extrémisme violent est silencieux, il avance vite. La réponse doit être la bonne gouvernance», a-t-il insisté.

Vers une feuille de route nationale

De son côté, le coordonnateur national du SENAREC a détaillé la méthodologie de ces assises, articulées autour de quatre grands panels thématiques. Objectif: dresser un diagnostic lucide, proposer des solutions concrètes et élaborer une feuille de route nationale pour renforcer la stabilité et la résilience de la RD-Congo. Ces Conversations nationales s’annoncent donc comme un tournant décisif dans la réflexion sur la paix et la gouvernance en RD-Congo, à l’heure où le pays cherche à sortir durablement du cycle des crises.

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