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Kinshasa: le siège de l’interfédéral du PPRD incendié 

Le siège de l’interfédéral du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie -PPRD-, parti de l’ancien Président Joseph Kabila, a été incendié, lundi 4 mai 2026 à Kinshasa, en marge d’une marche organisée par l’Union sacrée de la Nation pour saluer les sanctions américaines visant l’ex-Chef de l’État. L’incident, survenu au Boulevard Sendwe, dans la commune de Kalamu, a ravivé les tensions entre partisans du Pouvoir et de l’Opposition.

Les images, devenues virales sur les réseaux sociaux, montrent de jeunes manifestants, certains vêtus de t-shirts blancs, mettant le feu au bâtiment et saccageant les locaux. Une épaisse fumée noire s’élevait au-dessus du quartier, sous les cris et les chants d’une foule survoltée. Des riverains, inquiets, ont fermé boutiques et fenêtres. «On a entendu des cris, puis on a vu les flammes. Tout le monde avait peur que ça dégénère», a confié un commerçant du boulevard Sendwe. 

L’administration Trump exhortée à durcir le ton

La manifestation, initiée par l’UDPS, parti du Président de la République Félix Tshisekedi, a réuni plusieurs formations membres de l’Union sacrée de la Nation. Elle visait à soutenir les récentes sanctions américaines contre Joseph Kabila, accusé par Washington de soutenir les rebelles de l’AFC/M23. À l’issue de la marche, les organisateurs ont déposé un mémorandum à l’ambassade des États-Unis à Kinshasa pour remercier le Président américain, Donald Trump, pour cette décision.

«Notre présence s’explique par le fait que le grand parti au pouvoir, l’UDPS, par l’entremise de son secrétaire général, Augustin Kabuya, a lancé un appel à l’endroit des membres du parti et des alliés. En tant qu’alliés de première heure, nous avons estimé qu’il était de notre devoir de répondre présent à cet appel», a déclaré Jean-Pierre Lisanga Bonganga, coordonnateur du Rassemblement des compagnons d’Étienne Tshisekedi.

S’adressant à une foule compacte au point de chute du rassemblement, le chef de file du parti présidentiel a ouvertement exhorté l’administration Trump à durcir le ton. Tout en qualifiant les sanctions financières déjà prises de salvatrices, il a appelé Washington à aller plus loin dans ses mesures contre l’ancien Chef de l’État. Pour les manifestants pro-Tshisekedi, ces sanctions ne sont qu’une première étape. Ils considèrent que seule une action judiciaire internationale ou une mise en détention de Joseph Kabila permettra de stabiliser le climat politique actuel.

Du côté du PPRD, l’émotion est vive. Le camp du parti de Joseph Kabila a dénoncé un acte de violence politique et a dit redouter une escalade. Des militants présents sur les lieux après l’incendie décrivent une scène de désolation: murs noircis, meubles calcinés, documents partis en fumée. «C’est notre maison. Nous nous sentons attaqués, humiliés», a lâché un jeune cadre, la voix serrée, devant les décombres.

Sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre jubilation, indignation et inquiétude. Certains ont salué ce qu’ils perçoivent comme un message fort contre l’ancien régime. D’autres ont alerté sur le risque de représailles et appellent au calme. L’incendie du siège du PPRD intervient dans un climat politique déjà crispé, marqué par les accusations mutuelles entre la Majorité et l’Opposition autour du conflit dans l’Est du pays. La Police, déployée sur place après les faits, n’a pas encore communiqué de bilan officiel ni annoncé d’interpellations.

Hénoc AKANO

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