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Kinshasa: la route Mokali au cœur d’un cri d’alarme de l’ACAJ

Dans la Tshangu, l’un des districts les plus peuplés et les plus pauvres de la capitale, la réhabilitation de la route Mokali est à l’arrêt. En cause: un tuyau de la Regideso qui bloque tout. L’ONG ACAJ interpelle directement le gouvernement.

À Kinshasa, dans le district de la Tshangu, des milliers d’habitants attendent avec impatience la réouverture complète de la route Mokali, cet axe vital qui part du saut-de-mouton Pascal pour rejoindre la Rocade, à hauteur de Ndjili Brasserie.

Les travaux ont bien démarré. Du côté de la Rocade, l’entreprise a commencé à remblayer, ses engins sont déjà visibles à l’arrêt Père Jean et à l’arrêt Pharmacie. Mais tout est en train de se gripper. Et l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) vient de monter au créneau.

Dans une lettre adressée à une dizaine de hauts responsables – du SG de l’UDPS au ministre des Finances, en passant par le ministre de l’Énergie et le DG de la Regideso – son président, Me Georges Kapiamba, lance un plaidoyer très concret.

Le tuyau qui bloque tout

Selon les moniteurs de l’ACAJ déployés sur le terrain, l’avancement est freiné par un obstacle technique: le tuyau principal de conduite d’eau de la Regideso. Il doit être déplacé de la chaussée vers le bas-côté avant que le chantier ne puisse continuer. Sans ce déplacement, impossible d’avancer. Et le temps presse. La saison des pluies approche.

« Les habitants lancent déjà des cris de joie à l’endroit du Chef de l’État du genre “merci béton” », écrit Me Kapiamba, qui a recueilli leurs témoignages. Mais ils supplient que ce dernier verrou saute vite.

2500 FC le trajet, contre 500 FC avant

Car aujourd’hui, se déplacer à Mokali est un calvaire, et un gouffre financier. Pour les familles de Tshangu, souvent sans emploi ou avec de très faibles revenus, chaque trajet compte.

L’ACAJ donne des chiffres qui parlent: actuellement, pour faire Pascal – de l’autre côté du pont en moto-taxi, il faut débourser 2500 FC le jour, 3500 FC la nuit, par personne, prix non négociable. Si la route était réhabilitée, le même trajet coûterait 1000 FC en moto deux-roues, 500 FC en moto trois-roues.

« Les parents dont les enfants doivent aller à l’école notamment au collège Père Damien à Limete m’ont supplié de porter leur voix vers le gouvernement », insiste le président de l’ACAJ.

Il rappelle que le second mandat du président Félix Tshisekedi a été placé sous le signe de la reconstruction des infrastructures et de l’accès aux services de base. « Il ne peut pas y avoir accès à ces services sans voies de communication modernes et moyens de transport accessibles à toutes les bourses. »

Tout en saluant les efforts du ministère des Finances sur d’autres chantiers, l’ACAJ exhorte l’exécutif à agir « avant la reprise des pluies », pour que les habitants de Tshangu puissent « se déplacer facilement et dignement et à moindre coût ».

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