
L’ONG Journaliste en danger -JED-, agissant dans le cadre de ses missions de défense de la liberté de la presse et du droit à l’information en RD-Congo, a salué la signature de l’Accord de paix entre la RD-Congo et le Rwanda sous la médiation du gouvernement des États-Unis d’Amérique, appelant en même temps les médias à en assurer le suivi. L’organisation espère voir ce document ouvrir une perspective de paix et de sécurité pour la RD-Congo après plus de trois décennies de guerre à l’Est du pays, marquée par des millions de morts, des milliers des personnes déplacées internes, le pillage des ressources et la destruction des infrastructures.
Durant ce conflit, les installations des médias ont également été attaquées, réduisant au silence plusieurs d’entre eux et ôtant la vie à bon nombre de journalistes. Pour JED, l’accord de paix devrait se fixer, au plan politique, l’objectif de «rétablir un climat de confiance entre la RD-Congo et le Rwanda; créer un environnement sûr et sécurisé favorisant la reprise des activités socio-économiques; assurer une paix et une stabilité durables dans la région où les droits de l’homme sont respectés; mettre fin à des discours de haine et des attaques verbales».
«Au regard de ces objectifs, JED tient à attirer l’attention de toutes les parties prenantes à cet accord sur les rôles que les journalistes et professionnels des médias sont appelés à jouer dans ce nouveau contexte. Mais surtout sur l’engagement des médias congolais, dans les dynamiques de construction de la paix», lit-on dans le communiqué.
En effet, après des décennies de guerre et de violence, et au cours desquelles, tant d’efforts et des processus de paix ont été voués à l’échec, un retour durable à la paix, à la stabilité et au «savoir revivre ensemble» ne saurait se limiter à un accord entre belligérants. JED préconise, pour le succès de la mise en œuvre du texte, une adhésion de ces hommes et ces femmes meurtris et traumatisés par ces années de guerre, à ce projet de réconciliation auquel chacun puisse croire et aspirer.
Les médias devraient également jouer leur partition, notamment en affichant «leur détermination à travailler dans le sens de la construction de la paix, par la mise en œuvre des pratiques professionnelles rigoureuses et responsables».
«Autant les médias ont le pouvoir, en période de conflit latent ou ouvert, d’exacerber les tensions, qui conduisent à toutes les formes de violence; autant, ils ont aussi le pouvoir de contribuer à maintenir le calme en période de trouble, de préserver ou de restaurer la possibilité d’un dialogue entre les parties engagées dans le conflit, voire même de se constituer en plateformes où peuvent être débattus tous les points des désaccords ou les zones d’ombres qui entourent certaines dispositions», a exhorté JED.
Et de préciser: «Il paraît effectivement fondamental, que la presse congolaise dans sa diversité puisse accompagner tous les dispositifs mis en place par l’Accord de paix de Washington, pour un retour à la paix et à la stabilité, en disposant de suffisamment d’éléments, pour informer le public sur les débats qui ont été menés dans des rencontres au sommets, afin de pouvoir suivre la mise en application de leurs recommandations».
L’organisation a également lancé un appel au gouvernement RD-congolais pour «assurer un engagement stratégique des médias dans la mise en œuvre de l’accord de paix signé entre la RD-Congo et le Rwanda».

