
La RD-Congo accélère la réforme de son système judiciaire. Le ministère de la Justice, l’Agence française de développement -AFD- et Expertise France ont adopté, mercredi 8 juillet 2026, à Kinshasa, une feuille de route commune visant à déployer le programme d’appui à l’Institut national de formation judiciaire -INAFORJ. La rencontre a réuni le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, le directeur de l’AFD en RD-Congo, Hervé Conan, et la directrice pays d’Expertise France, Aude Delescluse. Le plan d’action validé couvre la période 2026-2029. Il sera mis en œuvre progressivement, en fonction des besoins identifiés par Kinshasa et des ressources disponibles. Le projet est financé par le Contrat de désendettement et de développement -CDD- signé entre la France et la RD-Congo.
Expertise France a été désignée pour en assurer l’exécution. L’objectif de cette démarche est de renforcer les compétences des magistrats, des greffiers, des personnels pénitentiaires et de l’ensemble des acteurs de la chaîne judiciaire. Les partenaires ont insisté sur une approche pragmatique. Plutôt que d’exporter un modèle français, le programme doit s’appuyer sur les spécificités du contexte RD-congolais. «Il ne s’agit pas d’importer un modèle préétabli. Nous allons mobiliser les savoir-faire d’institutions françaises spécialisées, mais aussi des expertises RD-congolaises et internationales, afin de développer des formations répondant aux besoins spécifiques du système judiciaire national», ont déclaré Hervé Conan et Aude Delescluse.
Le transfert de compétences est présenté comme le fil conducteur du partenariat. Pour Kinshasa, la professionnalisation des acteurs judiciaires est une condition essentielle pour améliorer l’accès au droit et restaurer la confiance des citoyens. L’INAFORJ est ainsi positionné comme l’outil central de la formation initiale et continue. La RD-Congo fait face à des défis persistants, notamment la lenteur des procédures, le manque d’infrastructures et la surpopulation carcérale. Le gouvernement RD-congolais espère que l’institut contribuera à rendre la justice plus efficace et plus prévisible. Les premières activités opérationnelles sont prévues dans les semaines à venir. Elles marqueront le lancement effectif du partenariat.
Au-delà de la RD-Congo, ce programme s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération judiciaire en Afrique francophone, où plusieurs pays cherchent à renforcer la formation de leurs magistrats afin de faire face à la croissance des contentieux et aux attentes en matière de bonne gouvernance. Pour le ministère de la Justice, la signature de cette feuille de route clôt une phase de diagnostic et ouvre celle de la mise en œuvre concrète.
Hénoc AKANO

