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Kinshasa : clôture ce mercredi des travaux de la 20ème réunion des parties du Partenariat pour les forêts du bassin du Congo

La 20ème réunion des parties du Partenariat pour les forêts du bassin du Congo -PFBC- se clôture ce mercredi 5 juin à Kinshasa. Ouverts lundi au Pullman Hôtel par la ministre d’État en charge de l’Environnement et développement durable, Eve Bazaiba, cette réunion a été le lieu de faire le point sur la préservation et la valorisation des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale.

Dans son mot d’ouverture, Eve Bazaiba a insisté sur la nécessité de migrer d’un modèle économique fossile vers un modèle plus sobre en carbone. Bazaiba a surtout ainsi émis le voir les travaux aboutir à des recommandations permettant de «maîtriser les enjeux et défis relatifs à la gestion des forêts et des ressources en eaux du bassin du Congo, y compris notre biodiversité, ainsi que les opportunités que ces ressources naturelles sont susceptibles d’offrir pour un développement économique durable». Toutefois, a-t-elle reconnu, la trajectoire vers une révolution plus verte et durable du modèle économique passe obligatoirement par une transition vers des solutions plus sobres en carbone. «Ceci est d’autant vrai que le changement climatique a révélé l’insoutenabilité entre l’énergie carbonée», a-t-elle rappelé.

La «dame écologie» de l’administration Tshisekedi a appelé, par ailleurs, le monde à se mobiliser pour protéger le premier poumon forestier du monde, selon les scientifiques, qui est le bassin du Congo dont la République démocratique du Congo regorge près de 60% de la superficie.

Dans un contexte mondial de réchauffement climatique, Bazaiba a profité de cette réunion pour mettre en avant la position de la RD-Congo, considérée comme «pays solution face aux enjeux du climat». La ministre RD-congolaise de l’Environnement a également épinglé diverses études qui ont prouvé que la RD-Congo est «l’avenir du monde et le premier poumon forestier». «Nous osons croire que le monde devrait se mobiliser pour protéger son poumon. Si nous ne sommes pas à la hauteur des défis qui nous guettent, nous allons tous disparaître», a-t-elle averti. Et de poursuivre: «Nous avons longtemps parlé de changement climatique, mais ce n’est pas une théorie. Tous les pays en subissent les conséquences. Cela signifie que nos interventions doivent être à la hauteur des défis que nous affrontons».

Dans son entendement, le monde doit maintenant «concilier le besoin de l’oxygène et celui du pain» puisque les forêts sont le «garde-manger», la «pharmacie», le «quotidien» de l’univers. «À l’aube de la transition énergétique, la mobilisation des financements innovants doit se concentrer sur des modes de développement économique décarboné, tout en tenant compte des priorités et besoins des populations», a-t-elle martelé.

Bien avant la ministre Bazaiba, Christophe Guilhou, co-facilitateur français du PFBC a rappelé l’immensité des enjeux pour la préservation des forêts. Une donne qui nécessite, selon lui, une mobilisation collective. «Le PFBC permet cette mobilisation. Nous apprécions les forêts de bassin du Congo pour leur extraordinaire biodiversité, pour le rôle social et économique ou encore le rôle clé dans la lutte contre le changement climatique», a déclaré Christophe Guilhou. Prosper Dodiko, président du Conseil des ministres de la commission des forêts d’Afrique Centrale -COMIFA- a, lui, appelé à plus de pragmatisme alors que le réchauffement climatique frappe de plein fouet le monde. «Cela signifie que nos interventions ne sont pas à la hauteur des défis que nous avons. C’est celle-là, la grande question à laquelle nous sommes appelés à trouver des solutions», a-t-il exhorté.

Tenue sous le thème «Assurer une planification efficace et durable de l’utilisation des terres pour préserver l’intégrité des écosystèmes forestiers», la 20ème réunion des parties du PFBC entend fédérer les forces pour une réponse collective aux enjeux pour la préservation des forêts. Il est également question durant cette réunion des parties d’évaluer la mise en œuvre des recommandations de la 19ème réunion tenue à Libreville en 2022 et préparer la région et ses partenaires pour les futures conventions de Rio -COP29 CCNUCC, COP16 CDB, COP16 Désertification. Enfin, la réunion de Kinshasa entend obtenir l’ouverture d’un dialogue stratégique entre les pays de la COMIFAC et les pays donateurs sur les engagements internationaux et les financements pour la préservation des forêts et l’évaluation des ODD en rapport avec l’environnement, notamment l’objectif 17 sur le partenariat gagnant-gagnant.

Lancé en 2002, le Partenariat pour les forêts du bassin du Congo met ensemble près de 130 partenaires, regroupés en 7 collèges afin d’œuvrer de concert pour répondre aux enjeux régionaux et promouvoir des solutions collectives et inclusives.

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