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Kinshasa: ce que rapporte réellement le contrôle technique aux caisses de la ville

Avec seulement 5,18 dollars de rétrocession par véhicule et 55.000 contrôles en sept mois, soit 285.000 dollars de recettes, la Régie des Fourrières et de Contrôle Technique de Kinshasa (#RFCK) a opposé mercredi un démenti chiffré aux rumeurs faisant état de 80 millions de dollars détournés chaque mois. Dans un communiqué, l’établissement public fustige des «affirmations fantaisistes et infondées qui relèvent de la pure fiction» visant son directeur général, Joseph Kajos Kasinzi Mafolo.

Pour démonter la rumeur des «80 millions de dollars par mois, soit 240 millions sur trois mois», la RFCK publie ses propres comptes. Sur un parc automobile kinois estimé entre 800.000 et 1 million de véhicules, seuls 55.000 véhicules ont été contrôlés lors de la première échéance (septembre 2025 – mars 2026) et 13.000 lors de la seconde, en cours. L’institution revendique néanmoins un «exploit sans précédent», dix fois supérieur aux 5.000 contrôles annuels des années précédentes, sous l’impulsion du gouverneur Daniel Bumba Lubaki.

Surtout, la Ville ne perçoit pas l’intégralité du prix payé par l’automobiliste. Selon les arrêtés interministériels cités, l’argent est encaissé par les banques dans les centres agréés. La part reversée à la RFCK est fixée à 20% seulement depuis l’arrêté provincial du 24 février 2026, contre 37% auparavant. Soit, selon la Régie, une moyenne de 5,18 dollars par véhicule contrôlé. Le calcul est dès lors sans appel: 55.000 véhicules x 5,18 dollars = 284.900 dollars sur sept mois, soit environ 40.700 dollars par mois pour la RFCK, et 13.000 x 5,18 = 67.340 dollars pour l’échéance en cours.

Pour atteindre 80 millions de dollars de recettes mensuelles avec un tel taux, il faudrait contrôler plus de 15,4 millions de véhicules chaque mois, soit 15 fois l’intégralité du parc de la capitale. La RFCK rappelle que le contrôle technique s’inscrit dans la «continuité de l’Etat» et est encadré par l’arrêté du vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba du 12 novembre 2025. Elle précise que sa gestion est actuellement contrôlée «en toute sérénité» par la commission ECOFIN de l’Assemblée provinciale. «Une agitation cherchant le buzz», conclut sa cellule de communication, signée Hubert Tshipukana Kalombo.

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