Actualités

Kabund: «Une injonction politique qui menace l’indépendance de la justice»

Les réactions se poursuivent après la sortie médiatique du Chef de l’Etat Félix Tshisekedi devant la diaspora RD-congolaise en Russie sur l’affaire Prince Epenge. Dans une déclaration datée du dimanche 1er novembre 2026, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, président national de l’Alliance pour le changement -A.Ch- dit avoir suivi avec attention les propos tenus par le Président de la République au sujet du décès de Manassé Lomboto, cité dans la procédure judiciaire visant l’opposant Prince Epenge. L’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale dit désapprouver cette démarche.

A l’en croire, la prise de position publique du Chef de l’Etat sur un dossier qui relève désormais de l’appréciation des Cours et Tribunaux, risque d’être interprétée comme une pression exercée sur les magistrats. Il revient sur les circonstances évoquées par le Chef de l’Etat, qui a contesté à Moscou, la thèse d’une mort consécutive aux violences enregistrées lors de la marche du 15 septembre 2026 à Kinshasa. Une version que réfute l’opposant. Pour Jean-Marc Kabund, elle pourrait résulter d’informations inexactes portées à la connaissance du Chef de l’Etat par certains membres de son entourage. Il dénonce, à ce propos, ce qu’il qualifie d’entreprise de désinformation tendant à faire croire qu’aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée lors de cette manifestation.

Une interpellation sur le plan institutionnel

Au-delà du débat sur les faits, le leader de l’Alliance pour le changement place la question sur le terrain des principes. Et de faire remarquer: «en vous exprimant publiquement sur une affaire qui relève désormais de l’appréciation des juges, vous prenez le risque de transformer vos déclarations en une véritable injonction politique adressée aux magistrats chargés d’instruire le dossier». Dans son texte, Kabund rappelle que la fonction présidentielle implique une obligation de réserve et une responsabilité particulière dans la préservation de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Il estime que les instances compétentes devraient être laissées libres d’établir les faits et de dire le Droit, à l’abri de toute interférence politique.

Il s’inquiète, par ailleurs, de ce qu’il présente comme un mécanisme d’isolement informationnel du Chef de l’Etat, où certains collaborateurs et responsables sécuritaires privilégieraient des informations de nature à le satisfaire, plutôt qu’une présentation fidèle de la situation sur le terrain.

Pour étayer sa position, il avance un témoignage personnel. Il affirme avoir aperçu Manassé Lomboto parmi les participants à la marche du 15 septembre, peu avant l’attaque à la machette dont il dit avoir été lui-même victime devant le siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS- à Kinshasa. Il se dit disposé à comparaître devant les instances judiciaires compétentes pour apporter son témoignage. «Ce sont les faits et le droit qui doivent déterminer l’issue d’un procès, jamais les convictions ou les déclarations du pouvoir politique», insiste-t-il, dans sa déclaration. Une sortie qui intervient dans un contexte où l’affaire Prince Epenge, au-delà de son volet judiciaire, prend une tournure de plus en plus politique, autour notamment des circonstances exactes du décès de Manassé Lomboto.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page