
Depuis jeudi 5 mars 2026, le Forum national des affaires coutumières reste rangé dans les rayons du passé. Lors de la clôture de cet événement au stade Tata Raphaël à Kinshasa, la Première ministre Judith Suminwa a appelé les chefs traditionnels réunis pour la circonstance, à consolider l’unité nationale. Organisée par le gouvernement de la RD-Congo à travers le ministère de l’Intérieur, cette rencontre a rassemblé plus de 600 chefs coutumiers venus des 26 provinces du pays.
L’on retiendra que ces assises, placées sous le thème: «Renforcement de l’autorité coutumière, gage de stabilité, de développement, de sécurité et de cohésion des communautés en RD-Congo», ont permis d’ouvrir un dialogue inédit sur la place du pouvoir traditionnel dans la gouvernance locale et la consolidation de la paix. En clôturant les travaux, la Première ministre a exhorté les autorités coutumières à transcender leurs divergences afin de défendre les intérêts supérieurs de la nation. Dès lors, il est un fait que le gouvernement vient ainsi de sceller la fin d’un forum inédit sur la gouvernance coutumière.
Vers une politique nationale des affaires coutumières
Quatre jours durant, les participants ont réfléchi à l’élaboration d’une politique nationale des affaires coutumières, assortie de mécanismes de mise en œuvre et de suivi. Cette initiative s’inscrit dans les orientations fixées par le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi, lors du lancement du forum.
À savoir également que la particularité de ces assises réside dans l’implication de plusieurs acteurs institutionnels et sociaux, notamment les autorités politiques et administratives, experts, représentants de la Société civile et chefs traditionnels. Ensemble, ils ont abordé les défis liés à la gouvernance coutumière, notamment la prévention des conflits communautaires, la gestion des territoires traditionnels et l’appui au développement local.
Appel à la préservation de la paix sociale
Prenant la parole à cette occasion, Jacquemin Shabani Lukoo a insisté sur le rôle déterminant des autorités traditionnelles dans la consolidation de la paix au niveau local. «Les chefs coutumiers doivent demeurer les premiers artisans de la cohésion dans nos villages et nos territoires. Le respect des lois et des coutumes est une condition essentielle pour garantir la paix et la quiétude au sein de nos communautés», a-t-il déclaré.
Tandis que pour le gouvernement, la stabilité des communautés passe notamment par une collaboration étroite entre les structures étatiques et les autorités traditionnelles. Pour sa part, la cheffe du gouvernement a, lors de la clôture, encouragé les chefs coutumiers à capitaliser les connaissances et expériences acquises au cours du forum afin d’améliorer la gestion des entités coutumières. «Je vous encourage à capitaliser les matières reçues et les expériences partagées durant ce forum afin d’améliorer la gestion de vos entités et de renforcer la cohésion au sein de vos communautés», a-t-elle déclaré, ajoutant que «cette rencontre constitue une étape importante dans la consolidation de l’unité nationale».
Et cela passe par le fait de transcender leurs divergences afin de privilégier les intérêts supérieurs de notre pays. Au terme de ces assises, plusieurs recommandations ont été formulées par les participants. Elles portent notamment sur la révision de la Loi de 2015 relative au statut des chefs coutumiers afin de renforcer leur autorité et de mieux encadrer leur rôle dans la gouvernance locale.
Les chefs traditionnels ont également plaidé pour la restauration des tribunaux coutumiers pour le règlement des litiges traditionnels, ainsi que pour la création d’un cadre institutionnel autonome chargé de coordonner les autorités coutumières à l’échelle nationale. Parmi les autres revendications, figure le paiement régulier de la rétrocession de 40% aux entités territoriales décentralisées -ETD- et la reconnaissance des mécanismes traditionnels dans la gestion des conflits coutumiers, notamment dans le respect des arbres généalogiques des familles régnantes et des pratiques ancestrales.
