
En marge de la Journée nationale de l’Enseignement célébrée le 30 avril de chaque année, le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté -EDU-NC- a organisé, au Silikin Village à Kinshasa, une journée de réflexion autour du thème de ladite journée: «Éduquer pour transformer, former pour bâtir».
Conduisant la séance de travail, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a posé les bases de cette journée de réflexion, soulignant son caractère technique. Elle avait autour d’elle le vice-ministre de l’Education nationale et Nouvelle citoyenneté, Jean-Pierre Kezamudru, le secrétaire général ai Mathieu Munkenge Bakina, l’Inspecteur général Hubert Kimbonza, les cadres du ministère et des représentants des Programmes SPACE, PAAF et PEQIP, etc.
Les réformes portées par le SPACE
Au cours de l’activité, le Professeur Valère Munsya, coordonnateur du Secrétariat permanent d’appui et de coordination du secteur de l’éducation -SPACE-, a fait une exposition sur les bases conceptuelles de l’éducation, la formation et la transformation du système éducatif. Les évolutions mondiales en cours obligent à une remise en question radicale du système éducatif avec l’avènement de l’Intelligence artificielle, et un moment de bascule au niveau démographique. Et cela nécessite une réflexion stratégique et un choix politique du gouvernement qui impliquent les forces vives de la nation.
Parlant de l’amélioration et de la transformation du système éducatif, il a mentionné la Stratégie sectorielle de l’éducation et de la formation -SSEF-, et deux types réformes combinées, notamment le changement des contenus et des méthodes d’enseignement et d’apprentissage; ou continuer avec l’amélioration des contenus.
Il a évoqué aussi les défis stratégiques et opérationnels, l’importance des données, la planification, le renforcement des capacités. Abordant la question des réformes portées par le SPACE, il a égrené la mise en place de l’éducation de base, la gratuité de l’enseignement de base, l’instauration des langues nationales comme médium, renforcement de l’enseignement de l’anglais; système LMD, l’instauration de la classe pré-primaire, l’éducation de base, le renforcement partenariat public-privé, la professionnalisation de la formation des enseignants et la mise en place du dispositif d’assurance.
Le Plan quinquennal 2024-2029 du ministère de l’EDU-NC
Conseiller de la ministre d’Etat en lien avec l’Enseignement supérieur et universitaire, le Professeur Keny Kale a présenté le Plan quinquennal 2024-2029 du ministère de l’EDU-NC qui est une vision stratégique avec pour mission de transformer le système éducatif. Après avoir présenté le contexte et l’enjeu de ce document important, il s’est étalé sur les 5 principes directeurs, 5 objectifs stratégiques et les 5 axes prioritaires dudit Plan quinquennal.
Le Professeur Keny Kale a ensuite présenté les résultats attendus à l’horizon 2029, notamment l’accès élargi et équitable au système éducatif, l’amélioration de la qualité de l’éducation, le système éducatif résilient et la citoyenneté active. Le but étant de produire une nouvelle génération des citoyens.
Accès à des environnements d’apprentissage améliorés
Représentante du Projet d’amélioration de la qualité de l’enseignement primaire -PEQIP-, Wali Belade s’est étendue sur la cohérence stratégique dudit projet de 67 millions USD, avec d’autres programmes et projets du sous-secteur de l’Education nationale, notamment le Projet d’apprentissage et d’autonomisation des filles -PAAF-, le Projet éducation des filles, formation initiale et continue des enseignants et appui à la continuité de l’éducation -EFFICACE- et le Projet pour l’équité et le renforcement du système éducatif -PERSE. L’objectif de développement du projet est d’accroître l’accès à des environnements d’apprentissage améliorés et renforcer la qualité des pratiques d’enseignement et de la gestion du système.
Le projet est mis en œuvre dans cinq provinces de la RD-Congo: Ituri, Kasaï, Kasaï Central, Kasaï Oriental et Sud-Kivu. Selon Wali Belade, le PEQIP qui est un projet du gouvernement de la RD-Congo, financé par la Banque mondiale -BM- s’aligne sur le point 4 des Objectifs du développement durable -ODD4-, sur la Stratégie sectorielle de l’éducation et de la formation -SSER-, le Pacte de partenariat et le Plan quinquennal du ministère de l’EDU-NC.
Pour sa part, le coordonnateur Thierry Betukumesu du PAAF a sommairement présenté les axes stratégiques des réformes portée par ce projet précisément: développer l’accès et assurer l’équité à l’éducation; promouvoir l’apprentissage et l’enseignement pour tous; et l’engagement citoyen.
«Rendre l’apprenant utile à la société…»
Lors des échanges enrichissants au cours de cette importante séance de travail conduite par la ministre d’Etat avec à ses côtés le vice-ministre de l’EDU-NC, il y a eu proposition d’un arrêté portant organisation de l’éducation de base, réformer le cours d’histoire pour le primaire. Raïssa Malu a signifié qu’en moins de 10 ans, plus d’un milliard de dollars américains ont été investis dans le secteur de l’éducation. L’on doit donc s’atteler à un retour de l’investissement, c’est-à-dire avoir des enfants formés pour transformer la société.
«Qu’on ne vienne plus dire que l’éducation et la santé sont les seuls secteurs pourvoyeurs d’emploi dans le pays, sinon on aura échoué dans l’éducation des enfants, on doit former des enfants dans tous les domaines», a-t-elle lâché, insistant que le Plan quinquennal doit être un document de référence pour des résultats en rapport avec des indicateurs.
Le vice-ministre Jean-Pierre Kezamudru a, pour sa part, souligné l’aspect utilitaire des réformes qui doivent rendre l’apprenant utile à la société. Il a déploré «la baisse du niveau de l’éducation, même au niveau supérieur, soulignant que le problème, c’est à la racine, donc à l’enseignement primaire, d’où l’importance de l’aspect utilitaire des réformes». L’Inspecteur général de l’EDU-NC Hubert Kimbonza a mis l’accent sur l’article 232 de la Loi-cadre de l’enseignement qui parle des mesures d’application à mettre en place dans les 12 mois après l’adoption d’une loi, et dans le cas d’espèce celle portant organisation de l’éducation de base.
Trois réformes importantes
Somme toute, les participants à ces travaux ont dégagé trois réformes importantes: celle fondamentale de la professionnalisation de la formation initiale et continue des enseignants, celle relative à l’éducation de base pour laquelle l’on doit élaborer des mesures d’application, et la réforme sur la renforcement de l’administration dans l’optique de la gouvernance du système. La ministre d’Etat a également mis un accent sur l’importance de l’archivage numérique des actes, arrêtés et autres documents importants du ministère. Enfin, la question des écoles d’excellence a été évoquée avant la clôture de cette séance de réflexion, de recadrage et de remobilisation de l’administration en marge de la Journée nationale de l’enseignement.
