
«La République démocratique du Congo traverse une crise profonde, marquée notamment par la guerre à l’Est avec l’AFC/M23, qui menace l’unité nationale. Le pays souffre et son développement en subit les conséquences. Depuis 2022, avec la prise de Bunagana par les éléments du M23, nos compatriotes de l’Est vivent une situation catastrophique qui ne cesse de s’aggraver jour après jour: pertes en vies humaines, déplacements massifs de populations entraînant la déscolarisation des enfants, manque d’accès aux services sociaux de base, destruction des biens publics et privés ainsi que des infrastructures, etc. À cette crise militaire s’ajoute une crise multiforme: érosion de la cohésion nationale, mauvaise gouvernance, frustrations, insécurité grandissante dans plusieurs provinces, etc.», a déclaré Joseph Olenghankoy, président du Conseil national de suivi de l’Accord -CNSA-, dans sa récente prise de position.
Face à cette situation, le leader du CNSA a appelé le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi à convoquer dans les plus brefs délais un dialogue national inclusif. Selon lui, ce dialogue vise à préserver l’espoir né de l’alternance pacifique du 24 janvier 2019, marquée par la passation civilisée du pouvoir entre l’ancien Président Joseph Kabila et l’actuel Chef de l’État. Un événement qu’il considère comme un signe de consolidation de la démocratie et de renforcement de l’unité nationale. Pour Joseph Olenghankoy, le dialogue est une vertu et doit être permanent.
«C’est le moyen nécessaire pour résoudre les conflits, car la démocratie ne s’exerce pas par les armes mais par les débats d’idées. L’histoire de notre pays en est l’illustration parfaite», a-t-il expliqué. Par ailleurs, il s’est félicité de la publication par les Confessions religieuses d’une feuille de route proposant un processus de dialogue national inclusif destiné à restaurer la paix et la cohésion nationale dans un contexte de crise sécuritaire persistante.
Cette initiative est portée par la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO-, l’Église du Christ au Congo -ECC-, la Plateforme des Confessions religieuses au Congo et la Coalition interconfessionnelle pour la nation -CIN. Le document comprend quatre grandes étapes: le mois de la paix, visant à instaurer un climat de confiance et de décrispation politique; le dialogue des experts, pour poser les bases techniques et analytiques du processus; le dialogue politique, réunissant les acteurs nationaux autour des enjeux de paix; et, enfin, la conférence internationale, consacrée à la promotion du vivre-ensemble dans la Région des Grands lacs. Ce document a été élaboré après plusieurs séances techniques tenues avec le cabinet du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi.
Hénoc AKANO