
«Toute ma vie, je me suis battu, j’ai investi pour réussir, j’ai combattu pour les autres, je me suis préoccupé de l’avenir de ma mère patrie. Aujourd’hui, ma vie ne représente absolument rien…», a exprimé l’opposant Jacky Ndala, du fond de sa cellule de détention. Se disant affaibli et à la fin de ses jours, le chef de file du Mouvement de réveil de prise de conscience -MRPC- a dénoncé son emprisonnement, qu’il a qualifié d’injuste, et a accusé les autorités de le laisser dépérir sans soins appropriés. «J’ai mené des démarches pour me faire soigner d’urgence, mais ils ont catégoriquement refusé, sans cœur, sans compassion», a-t-il déploré.
Dans cette lettre bouleversante, l’ancien cadre du parti politique Ensemble pour la République de Moïse Katumbi a affirmé craindre pour sa vie et s’est dit prêt à accepter l’issue fatale. «Je peux ou ne pas m’en sortir… mon corps m’a trahi, il m’a malheureusement cédé. Ils m’ont laissé mourir ici», a-t-il renchéri. Dans un texte mêlant colère et tristesse, Jacky Ndala a affirmé n’avoir commis aucun autre crime que celui «d’avoir aimé son pays et défendu la justice». Il a accusé, par ailleurs, magistrats, juges et acteurs politiques d’avoir contribué à son calvaire, tout en réaffirmant sa foi dans l’avenir de la RD-Congo.
Se présentant comme «patriote-résistant», Jacky Ndala a demandé à ses proches de ne pas organiser de funérailles traditionnelles ni de cérémonies hypocrites après sa mort. «Ne cotisez pas pour mon deuil, n’achetez pas de cercueil… incinérez ce corps qui m’a trahi et dispersez les cendres», a-t-il recommandé. Comme une personne qui voit sa mort venir, l’opposant Ndala a recommandé à ses enfants de s’inspirer de son engagement et de lutter pour la justice.
À son épouse, il a demandé de continuer sa vie et de protéger leur famille. À sa mère, il a exprimé son amour et sa gratitude. Adressant un dernier message d’espoir à ses compagnons de lutte, l’opposant anti-régime les a appelés à rester «fermes et déterminés» dans leurs «convictions» pour que «le Kongo vive à jamais». «Ne trahissez jamais nos convictions, restez fermes et déterminés, le Kongo a besoin de votre engagement», a-t-il exhorté.
Dans un ultime adieu, Jacky Ndala a scellé son message d’un serment: «Que le Kongo vive à jamais. Même dans l’au-delà, la résistance continue», a-t-il conclu. Pour rappel, Jacky Ndala a été condamné le 18 décembre 2024 par le Tribunal de paix de Kinshasa/Kinkole à deux ans et six mois de servitude pénale. Le tribunal l’avait reconnu coupable de «propagation de faux bruits» après avoir témoigné publiquement de son possible viol lors de sa détention dans les locaux de l’Agence nationale de renseignement -ANR- en 2021.
Hénoc AKANO


