
La situation sécuritaire et humanitaire dans le Sud-Kivu a été passée au peigne fin lors du briefing-presse de ce jeudi 2 avril 2026, animé par le ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya. Associé à cette sortie médiatique, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a salué, d’entrée de jeu, la résilience et la résistance de ses administrés, tout en rassurant sur la détermination des FARDC, sous le commandement du Président Félix Tshisekedi, à récupérer toutes les localités occupées par les rebelles d’AFC-M23, appuyés par l’armée rwandaise, afin d’y restaurer l’autorité de l’Etat.
En décembre dernier, Uvira, capitale provinciale provisoire à la suite de la chute de Bukavu dix mois plus tôt, a vite été reconquise par l’armée régulière peu après l’entrée des rebelles, continuant ainsi à abriter les institutions locales. «Les institutions sont en train de s’installer progressivement. Les écoles ont repris y compris les marchés et les centres médicaux. Nous sommes en train de travailler pour le retour des réfugiés», a fait savoir le gouverneur Purusi, avant de déplorer les exactions perpétrées par l’AFC-M23 lors de son bref contrôle de la ville d’Uvira.
Selon l’autorité provinciale, une soixantaine de fosses communes, œuvres de l’armée rwandaise et de ses supplétifs du M23, ont été découvertes dont trois avec au moins 208 corps chacune.
Une tripartite pour le retour des réfugiés
Dans l’optique d’impulser le retour des réfugiés dans leurs milieux naturels, le gouverneur du Sud-Kivu a annoncé la tenue imminente d’une tripartite entre Kinshasa, Bujumbura et le Haut commissariat des réfugiés -HCR-, chargée d’examiner les dossiers de chaque déplacé. Cette commission va siéger à Kalemie, chef-lieu de la province de Tanganyika, pour traiter, au cas par cas, le dossier de 2 millions de réfugiés, répartis en deux catégories. Le gouverneur Purusi a par ailleurs dénoncé la stratégie de déportation forcée des Banyamulenge appliquée par l’AFC-M23 avec la bénédiction du Rwanda.
A l’en croire, quand les troupes rebelles sont contraintes de quitter une localité où vivent les Banyamulenge, ces derniers sont forcés de les suivre sous peine d’être massacrés et faire accréditer la «thèse mensongère» selon laquelle ces populations sont maltraitées par les forces gouvernementales RD-congolaises. «Dans notre province, les Banyamulenge, les Bashi et les autres tribus vivent en harmonie. Ils travaillent comme tout le monde. Il n’y a pas de problème», a déclaré le gouv’ Purusi, démontant ainsi le «mensonge rwandais».
Le gouverneur du Sud-Kivu a profité de la tribune lui offerte par le ministre Muyaya pour exposer ses différentes réalisations malgré le contexte sécuritaire précaire. Il a notamment évoqué la réhabilitation de la sucrerie et de l’aéroport de Kiliba.
