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Guerre en RDC: Biruta et Shabani reçus séparément à Doha

Le ministre d’État qatari aux Affaires intérieures, Cheikh Abdulaziz ben Faisal ben Mohammed Al Thani, s’est entretenu séparément, mercredi 16 juillet 2025, avec les ministres de l’Intérieur du Rwanda et de la RD-Congo, en marge des pourparlers entre le gouvernement de la RD-Congo et la rébellion de l’Alliance fleuve Congo -AFC/M23-, soutenus par le Rwanda. Jacquemain Shabani Lukoo, vice-Premier ministre RD-congolais en charge de l’Intérieur, et son homologue rwandais, Dr. Vincent Biruta, ont eu des entretiens bilatéraux distincts avec le médiateur qatari, selon un communiqué officiel du ministère des Affaires intérieures de ce pays du Golfe.

Officiellement, les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération sécuritaire, la stabilisation régionale et la mise en place de mécanismes de coordination pour prévenir l’escalade des tensions. Cette double rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts de médiation menés par le Qatar, avec le soutien de l’Union fricaine. 

A Doha, les délégations du gouvernement RD-congolais et de l’AFC/M23 ont repris les négociations directes depuis le 9 juillet, pour un cinquième round voulu décisif. Pour la première fois, Kinshasa a envoyé une délégation de haut niveau, conduite par le Haut-représentant du chef de l’État, Sumbu Sita Mambu alors que les rebelles sont conduits par Benjamin Bonimpa, secrétaire permanent du mouvement. Ce nouveau cycle vise à faire avancer une déclaration de principes avant la conclusion d’un accord final.

Kigali valide l’Accord de Washington

Pendant ce temps, le Rwanda a ratifié, mercredi 16 juillet, l’Accord de Washington lors d’une réunion du Conseil des ministres. Dans un communiqué publié le même jour, Kigali a estimé que cet accord constitue une étape importante pour sa sécurité et pour la paix dans la région des Grands Lacs. «L’accord représente une étape importante pour s’attaquer aux préoccupations de sécurité du Rwanda, rétablissant la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs, et promouvant l’intégration économique régionale», peut-on lire dans ce communiqué.

Le Rwanda a en même temps affirmé attendre «avec impatience» la conclusion des pourparlers de paix de Doha entre le gouvernement de Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, sous médiation qatarie. L’accord de paix conclu aux États-Unis comprend des dispositions clés visant à mettre fin au conflit dans l’est de la RD-Congo. Il prévoit le respect de l’intégrité territoriale, l’interdiction des hostilités, le désengagement, le désarmement et l’intégration conditionnelle des groupes armés non étatiques, un mécanisme conjoint de coordination de la sécurité, et la facilitation du retour des réfugiés et déplacés.

Kigali pressée à bout

Avec l’appui de l’armée rwandaise, les rebelles du M23 ont pris le contrôle de vastes zones dans l’est de la RD-Congo depuis plusieurs mois. En début d’année, ils ont conquis, tour à tour, les villes de Goma et Bukavu, aggravant l’instabilité d’une région rongée depuis des années par les violences armées. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le M23, s’appuyant sur des rapports du groupe d’experts des Nations Unies.

D’après le dernier rapport de ces experts, l’armée rwandaise a joué «un rôle déterminant» dans l’est de la RD-Congo, aux côtés du groupe armé antigouvernemental M23, dans l’offensive qui a conduit à la chute, en janvier-février, des grandes villes de Goma et de Bukavu. Publié quelques jours après la signature, le vendredi 27 juin dernier, de l’Accord de Washington, ce rapport semestriel, rédigé par des chercheurs de l’ONU, a révélé que ce conflit a exposé des millions de personnes à des violations des droits humains et à des actes de violence, notamment à des déplacements forcés, des dépossessions, des exécutions extrajudiciaires et des violences sexuelles liées au conflit. Ainsi, les experts de l’ONU ont exigé instamment à tous les groupes armés de cesser les hostilités et de déposer les armes.

Hénoc AKANO

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