
En mission de travail, en début de semaine, dans une ville de Goma sous haute tension, le coordonnateur humanitaire des Nations unies, Bruno Lemarquis, a haussé le ton. Face à l’occupation de la zone par la coalition rebelle AFC-M23, l’organisation internationale a exigé le respect absolu du droit de la guerre et la protection des civils. Le diplomate onusien a placé sa mission sous le signe de l’urgence et de la fermeté.
Cet appel au respect du Droit international humanitaire -DIH- survient quelques jours seulement après l’assassinat de la française Karine Buisset. Un drame qui a secoué la Communauté internationale. Cette humanitaire a été tuée alors qu’elle documentait les violations des droits humains commises contre les populations civiles. Pour l’ONU, ce meurtre n’est pas seulement une tragédie isolée, mais le symbole de la vulnérabilité extrême des acteurs de terrain.
«Toute violation engage la responsabilité de ses auteurs», a martelé le haut fonctionnaire, rappelant que les crimes de guerre ne resteront pas impunis. Avec des centaines de milliers de déplacés massés aux abords de la ville et dans les territoires occupés, l’aide d’urgence est une question de survie immédiate. «Nous avons réitéré l’importance du respect du droit international humanitaire et du respect de l’espace humanitaire, afin que les nombreuses organisations puissent avoir accès aux très nombreuses personnes dans le besoin», a-t-il déclaré.
Pourtant, au moment où les besoins explosent, les moyens s’amenuisent. Bruno Lemarquis a révélé que la RD-Congo est l’un des pays les plus durement touchés par les coupes budgétaires des États-Unis et d’autres bailleurs internationaux. A l’en croire, cette raréfaction des fonds handicape directement la capacité d’intervention des ONG sur place.
Conscient que l’assistance d’urgence ne peut être l’unique solution à une crise qui s’éternise, le coordonnateur a préconisé un changement de paradigme. L’objectif est désormais de favoriser la résilience, c’est-à-dire d’aider les familles déplacées à reprendre des activités économiques pour sortir de la dépendance totale à l’aide extérieure.
Hénoc AKANO


