
La République Démocratique du Congo poursuit les préparatifs en vue de la mission sur place des experts du Groupe d’action financière -GAFI-, une étape jugée déterminante dans le processus visant à obtenir le retrait du pays de la liste grise de cette organisation internationale. Au nom du ministre des Finances, la vice-ministre Gracia Yamba Kazadi, a présidé, mercredi 22 juillet, une réunion du Comité interinstitutionnel, conformément au Décret n°23/27 du 12 août 2023 portant création, organisation et fonctionnement du Comité de pilotage, de suivi et d’exécution des actions du Groupe d’examen de la coopération internationale du GAFI -COPS-ICRG. Les travaux ont porté sur l’examen et l’approbation de la feuille de route destinée à préparer la visite des experts du GAFI, conformément aux dispositions des articles 8 et 9 du décret précité.
Chargé de piloter ce processus stratégique de conformité aux standards internationaux du GAFI, le ministre des Finances est appuyé par la vice-ministre qui coordonne le suivi opérationnel des actions engagées en prévision de la mission d’évaluation. Aux côtes de la vice-ministre des Finances, le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, le vice-ministre de l’Intérieur et Affaires coutumières, Mwami Jean-Baptiste Ndeze, ainsi que les responsables des principales institutions impliquées dans la lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération ont également pris part à la rencontre.
Les informations reçues des couloirs du ministère des Finances font état de l’imminence de la mission d’évaluation des experts internationaux. Au cours de la réunion, Gracia Yamba Kazadi a rappelé les orientations définies par le ministre des Finances pour mener à terme ce processus. Cette sortie de la liste grise du GAFI est devenue une priorité nationale depuis octobre 2022. Depuis, le gouvernement met tout en œuvre pour renforcer l’intégrité du système financier national et aligner le pays sur les normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Après plus de trois ans d’efforts, le pays se retrouve plus que jamais au perron de ce grand triomphe. Gracia Yamba a brandi notamment les avancées enregistrées entre temps. En juin dernier, le GAFI a reconnu l’achèvement substantiel du plan d’actions convenu avec la RDC, ouvrant ainsi la voie à une visite sur place. Pas plus tard que quelques jours, le pays a intégré l’ESAAMLG mais aussi le Groupe Egmont, à travers la CENAREF, la Cellule nationale des renseignements financiers. Autant d’avancées qui contribuent à renforcer la crédibilité du pays sur la scène financière internationale.
A Kinshasa, les experts du GAFI vont évaluer non seulement le cadre juridique et institutionnel mis en place, mais aussi son application effective à travers les résultats obtenus, la coordination entre les différentes institutions concernées et la pérennité des réformes engagées. Pour ce faire, la vice-ministre des Finances a appelé l’ensemble des administrations impliquées à maintenir leur mobilisation et à produire les éléments de preuve attendus par les experts, notamment des statistiques, des études de cas ainsi que des décisions judiciaires et administratives illustrant l’efficacité du dispositif national. Elle a également invité les institutions concernées à harmoniser leurs messages et à poursuivre les exercices de simulation afin de préparer les experts nationaux et les autorités appelés à échanger avec la délégation du GAFI.
De son côté, le coordonnateur de la Cellule des experts a présenté l’état d’avancement des préparatifs au sein des différentes institutions et identifié les dernières actions à entreprendre avant la mission. En clôturant les travaux, Gracia Yamba Kazadi a salué le travail des experts, de la CENAREF et de l’ensemble des institutions engagées depuis près de quatre ans dans la mise en œuvre des engagements pris par la République démocratique du Congo. Elle a enfin réaffirmé, au nom du ministre des Finances, la volonté du Gouvernement de poursuivre les réformes jusqu’à leur aboutissement, avec pour objectif une sortie définitive du pays de la liste grise du GAFI lors de la plénière d’octobre 2026. Pour Kinshasa, cette échéance représente un enjeu important pour le renforcement de la crédibilité financière du pays, l’amélioration du climat des affaires ainsi que le développement de la confiance des partenaires et des investisseurs internationaux.