ActualitésDossier à la UnePolitiquePrésidentielle 2018

Félix, Bemba, Muzito, … en guerre contre Nangaa

Le dialogue des sourds s’installe entre la Commission électorale nationale indépendante -CENI- et le gouvernement d’une part ainsi que l’Opposition politique et la Société civile d’autre part au sujet de la machine à voter et du fichier électoral. Pendant que le Comité laïc de la coordination de l’Eglise catholique -CLC- a lancé une campagne contre l’utilisation de la machine à voter au prochain scrutin, l’Opposition politique vient d’annoncer l’organisation des marches pacifiques le samedi 26 octobre prochain sur l’ensemble du territoire national pour protester contre la même machine à voter et le fichier électoral actuel qui contient environ 10 millions d’électeurs sans empreintes digitales. Désormais, les opposants déclenchent la guerre contre le président de la CENI. Du côté du Front commun pour le Congo -FCC-, Néhémie Mwilanya, membre du comité stratégique et directeur de Cabinet du Président Kabila a noté qu’il y a une équipe qui ne veut pas jouer, allusion faite à l’attitude de l’Opposition de rejeter la machine à voter. Quant au pouvoir organisateur, il tient à la machine à voter qu’il a installée dans certains aéroports nationaux pour permettre aux électeurs qui voyagent de l’expérimenter. L’incident du mercredi 10 octobre lors de la réunion de concertation entre la CENI et les candidats Président de la République a plus creusé le fossé entre les parties prenantes au processus électoral.  
 
Plus le jour du vote fixé le 23 décembre 2018 s’approche, plus le fossé s’agrandit entre les parties prenantes au processus électoral en RD-Congo. La pomme de discorde reste la machine à voter et le nettoyage du fichier électoral.
Lors de la réunion de concertation entre la CENI, pouvoir organisateur des élections, et les candidats Président de la République le mercredi 10 octobre, un incident s’est produit au point que certains candidats ont claqué la porte de concertation. A la base, le président de la CENI, Corneille Nangaa, avait demandé à tous ceux qui n’étaient pas d’accord avec l’utilisation de la machine à voter d’évacuer la sale. Immédiatement, la majorité des candidats a claqué la porte de la réunion.
Une attitude que l’Opposition n’a pas digérée tel que souligné dans sa déclaration du 11 octobre: «l’Opposition condamne fermement le comportement non conciliant et, pour le moins, méprisant du président de la CENI, Monsieur Corneille Nangaa, à l’égard des candidats Président de la République lors de la rencontre -du mercredi 10 octobre».
Et d’ajouter: «l’Opposition en appelle, par conséquent, au peuple RD-congolais de se mobiliser dans le cadre du programme d’actions qu’elle a préparé pour exiger l’impression des bulletins de vote manuel conformément à la loi électorale et au calendrier publié par la CENI».
Parmi les actions prévues, il y a le meeting prévu le samedi 13 octobre à Lubumbashi, lequel meeting a été interdit à la dernière minute par le maire de la ville, pourtant, dans sa lettre initiale, il avait pris acte. Dès samedi matin, les forces de l’ordre ont été déployées sur le terrain des jeunes où ce meeting allait se tenir ainsi qu’aux environ de la résidence d’Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza, coordonnateur d’Ensemble pour le changement dans le grand Katanga.
Aussi, l’Opposition projette d’organiser des marches de protestation le 26 octobre 2018 à travers les grandes villes du pays. Toutes les structures de l’Opposition regroupées autour de Moïse Katumbi d’Ensemble pour le changement, Jean-Pierre Bemba du Mouvement de Libération du Congo -MLC-, Félix Tshisekedi de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS-, Vital Kamrhe de l’Union pour la nation congolaise -UNC-, Martin Fayulu de la Dynamique, Freddy Matungulu de Congo na Biso et Adolphe Muzito du Nouvel élan, se mobilisent. Des messages ont transmis ainsi que des réunions de sensibilisation se tiennent au sein de chaque parti et regroupement politique.
L’Alliance des mouvements du Kongo -AMK- dont l’Union démocratique africaine Originelle -UDA Originelle- est membre mobilise ses militantes et militants également comme le témoigne ce Tweet de son président Claudel André Lubaya: «le vote électronique viole la loi et compromet la fiabilité du processus électoral et le vote en lui-même. Le 26 octobre 2018, nous tous dans la rue pour dire non à la machine à voter et au fichier corrompu».
A l’Opposition, on conditionne toute participation aux élections du 23 décembre prochain au retrait de la machine à voter et au nettoyage du fichier électoral en y élaguant les 10 millions d’électeurs sans empreintes digitales. A ce stade, l’Opposition bénéficie du soutien du Comité laïc de coordination de l’Eglise catholique -CLC- qui a lancé une campagne contre la machine à voter intitulée: «10 raisons pour dire non à la machine à voter».
Une question délicate car le président de la CENI a fait savoir que certains candidats figurent parmi les électeurs enrôlés sans empreintes digitales. Pour Nangaa, pas question de se passer de la machine à voter. D’ailleurs, c’est dans cette perspective que lesdites machines sont installées même dans certains aéroports nationaux pour permettre aux électeurs qui voyagent de les expérimenter. La CENI est aussi appuyée par la Majorité au pouvoir.
Tout récemment, Néhémie Mwilanya, membre du comité stratégique du Front commun pour le Congo -FCC- et directeur de Cabinet du Chef de l’Etat Joseph Kabila, a laissé entendre que son camp est prêt à aller aux élections avec le candidat Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin désigné par Joseph Kabila à la présidentielle, fustigeant le fait qu’il y a «une équipe qui ne veut pas jouer», allusion faite à l’Opposition qui pose les préalables pour aller aux élections.
Lors de sa visite récente en RD-Congo, la délégation des membres du Conseil de sécurité de l’ONU a recommandé aux parties prenantes au processus électoral un consensus au sujet de la machine à voter pour organiser des élections crédibles et apaisées.
Au vu de l’interdiction du meeting de l’Opposition prévu à Lubumbashi, la question qui se pose est de savoir si le pouvoir va-t-il autoriser l’organisation des marches de protestation prévue le 26 octobre prochain à travers toutes les villes du pays? Pour les observateurs avertis, de deux choses l’une, soit ça passe, soit ça casse.
Octave MUKENDI        

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fermer
Fermer