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FECOFA: La bombe Mangenda explose sur la table de la commission éthique de la FIFA

Évincé des listes, Patrice Mangenda saisit la Commission d’éthique de la FIFA et dénonce une « forfaiture » électorale. Objectif : stopper le processus du 20 mai. Seul contre tous, AfricaNews avait sonné le tocsin pour prévenir contre le danger en perspective.

Kinshasa, 13 mai 2026. Patrice Rainier Mangenda n’a pas eu droit au silence. Sorti de la liste définitive des candidats au Comité exécutif de la FECOFA, il a choisi le choc frontal. Dans un courrier adressé au président de la Commission d’éthique de la FIFA, il accuse l’instance congolaise d’avoir tordu les règles en cours de route pour favoriser un candidat. Verdict demandé : suspension immédiate du scrutin prévu le 20 mai et ouverture d’une enquête. Afin que nul n’en ignore, Mangenda copie le président et le secrétaire général de la FIFA, le président et le secrétaire général de CAF, la secrétaire générale de la FECOFA, le président de la commission électorale ainsi que le président de la commission de recours de la FECOFA.

Règles changées en cours de jeu

Tout part du calendrier. Appel à candidatures le 5 avril. Clôture des dépôts le 21 avril. Listes provisoires le 1er mai. Listes définitives le 11 mai. Tout semblait calé, adossé aux statuts de la FECOFA et au code électoral type FIFA.

Sauf qu’entre-temps, selon Mangenda, un « deuxième texte » s’est invité dans le dossier. Le 26 avril, le président de la commission électorale écrit à la secrétaire générale de la FECOFA pour introduire ce document. Problème : l’appel à candidatures était déjà publié depuis trois semaines. Or le code électoral type FIFA est clair : « les règles électorales ne peuvent être modifiées après la publication de l’appel à candidature, sauf force majeure validée par la FIFA ».

Le courrier dénonce aussi l’ajout d’un visa dans la décision du 11 mai portant publication de la liste définitive : le procès-verbal de l’Assemblée générale extraordinaire du 11 janvier 2025. Un document que Mangenda qualifie de « truqué » et « notarié frauduleusement », censé modifier les conditions d’éligibilité rejetées lors de l’assemblée du 11 janvier.

Cible nommée : Veron Mosengo

Le bénéficiaire présumé de cette manœuvre a un nom : Veron Mosengo. L’ancien secrétaire général de la CAF, désormais candidat unique à la présidence de la FECOFA, est accusé d’avoir bénéficié d’une modification frauduleuse de l’article 37 des statuts pour devenir éligible. Mangenda joint des extraits du procès-verbal où les modifications apparaissent en rouge.

L’accusation est lourde : « forfaiture », « faux procès-verbal », « statut publié au Journal officiel le 28 avril 2026 pour le rendre imposable ». Conséquence juridique invoquée : nullité absolue. Politique : illégitimité.

Pour Mangenda, l’enjeu dépasse la personne. Il rappelle le rôle de Veron Mosengo dans la « normalisation » 2021-2025, les blocages de décisions du comité exécutif alors qu’il était encore à la CAF, et le déclin du championnat national d’élite. « La RD Congo ira probablement au Mondial 2026 sans un seul joueur évoluant dans le championnat national », déplore-t-il, en pointant les millions que la FIFA distribue aux clubs formateurs.

La FIFA sommée de trancher

Le courrier aligne les précédents : Cameroun 2013-2015, Guatemala 2016, Mali 2017, Côte d’Ivoire 2020, Tchad 2021, Kenya 2021-2022, Zimbabwe 2022. Chaque fois, des modifications illégales du code électoral ou des ingérences ont valu suspension ou normalisation.

« La FIFA a dans son sein des organes qui ont consacré la transparence et la bonne gouvernance comme mode de gestion. Une convergence éthique et philosophique qui ne peut laisser passer cette forfaiture », écrit Mangenda. Il demande une suspension immédiate du processus et une enquête pour établir les responsabilités, locales et internationales.

En filigrane, la question est simple : la FIFA fermera-t-elle les yeux sur un changement de règles en cours de route ? Ou appliquera-t-elle son propre code électoral type à Kinshasa comme ailleurs ?

Le 20 mai approche. Si Zurich ne bouge pas, la FECOFA élira peut-être un « président tricheur », prévient Mangenda. Si Zurich bouge, c’est tout le calendrier qui explose. Dans les deux cas, l’image de la FIFA et du football congolais est en jeu.

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