
Un signal prudent mais réel d’espoir est venu, mercredi 27 mai 2026, de l’Ituri. L’Institut national de santé publique -INSP- a annoncé la sortie d’hôpital du premier patient déclaré guéri de la 17ème épidémie d’Ebola que connaît la RD-Congo. Le malade, pris en charge dans un centre de traitement érigé à l’épicentre de la riposte, a été libéré après avoir rempli les critères cliniques et biologiques de guérison. Pour l’INSP, ce cas illustre que la prise en charge reste possible même face à une souche redoutée. L’annonce prend un relief particulier au regard du type de virus en cause. L’incident manager adjoint de l’INSP a souligné que la riposte se déploie contre la souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n’existe à ce jour. Selon elle, il s’agit d’un signal encourageant, rappelant que chaque guérison renforce la confiance des équipes sur le terrain et des communautés affectées.
Le cas sorti d’hôpital devient ainsi une preuve tangible que l’isolement, les soins de support et la rigueur du protocole peuvent faire la différence. L’information intervient dans un contexte de tension. Des acteurs de la Société civile de l’Ituri avaient récemment alerté sur une supposée pénurie d’intrants médicaux et d’équipements de protection pour le personnel soignant. Selon eux, ces carences expliqueraient la recrudescence des cas et des décès dans les zones touchées. Le gouvernement RD-congolais, de concert avec ses partenaires techniques et financiers, a tenu à rassurer. Il a affirmé que les chaînes d’approvisionnement restent actives et que les besoins prioritaires font l’objet d’un suivi quotidien.
L’exécutif a appelé à éviter les informations non vérifiées susceptibles de saper la mobilisation communautaire. Depuis Mbuji-Mayi, au Kasaï-Oriental, le Professeur Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut national de recherche biomédicale -INRB-, a confirmé que les efforts de riposte sont intensifiés en Ituri. Surveillance épidémiologique, recherche des contacts, sensibilisation et prise en charge précoce constituent, selon lui, les piliers de la stratégie actuelle. Les autorités sanitaires insistent par ailleurs sur la nécessité de garder le calme. La RD-Congo, ont-elles rappelé, a accumulé une expérience reconnue internationalement dans la gestion des épidémies d’Ebola après seize flambées successives. Cette expertise, bâtie sur le terrain, reste l’un des principaux atouts face à cette 17ème flambée.
Hénoc AKANO

