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Ebola business: Droit de réponse de l’honorable Samuel Degba Mozabi

Une fausse alerte sur un prétendu détournement du fonds destiné à la sensibilisation contre Ebola.

C’est une fausse alerte.

Les députés nationaux ont été associés à la sensibilisation sur la riposte contre l’épidémie à virus Ebola et la condition était de descendre en province rencontrer la population pour un engagement communautaire. Sur les 11 députés que compte le Haut-Uélé, 7 sont effectivement descendus en province. La prise en charge était conjointe entre le gouvernement provincial et le ministère de la Santé quant aux charges liées à la sensibilisation. Ceux qui ont accepté de prendre le risque avec la population ont effectué le déplacement et ils étaient sur tous les fronts pour sensibiliser.

Les indisponibles et les absents étaient considérés comme absents. La condition était claire: se rendre en province et réaliser les activités de sensibilisation avec la population.

Le caucus n’ayant pas de compte, c’est ainsi que le compte d’un élu devait être choisi et ce fut celui de l’honorable Degba, pour le virement de ce fonds destiné à la sensibilisation sur l’engagement communautaire.

La question à se poser est la suivante: la sensibilisation sur l’engagement communautaire a-t-elle eu lieu par les élus dans la province du Haut-Uélé ? La réponse est oui, à travers plusieurs activités à Isiro, à Ibambi, à Rungu, à Wamba, menées par 7 députés nationaux ainsi qu’une sénatrice.

C’est une réclamation sans travail adressée au caucus, qui n’a rien à voir avec un quelconque détournement. Tous ceux qui étaient sur le terrain ont reçu quelque chose pour organiser la sensibilisation avec leur base et ce, après l’avis de tout un chacun.

Samuel DEGBA MOZABI
Député national


Note de la Rédaction/AfricaNews

Affaire des 50 000 dollars Ebola: le droit de réponse de l’honorable Degba est un aveu

L’honorable Samuel Degba Mozabi a exercé son droit de réponse que nous avons intégralement publié. Loin de dissiper le scandale, son texte le confirme et l’aggrave. Il pose trois problèmes majeurs de gouvernance que la plénière, l’IGF et le Parquet ne peuvent ignorer.

  1. L’aveu d’une faute de gestion caractérisée

Degba écrit: «Le caucus n’ayant pas de compte, c’est ainsi que le compte d’un élu devait être choisi et ce fut celui de l’honorable Degba».

C’est l’aveu central.

En finances publiques congolaises, un fonds public destiné à la riposte contre une épidémie mortelle ne peut, sous aucun prétexte, transiter par un compte bancaire personnel. L’inexistence d’un compte du caucus – qui n’est d’ailleurs pas une institution de la République – ne l’autorise pas. La procédure impose un compte séquestre au Trésor, à la Banque Centrale, ou à défaut un compte de l’Assemblée provinciale, avec pièces justificatives.

Le courrier N°1250/CAB/MIN/SPHPS/DIR/LET/CF/RWK/911/2026 du 14 septembre 2026, signé par le conseiller financier du ministre et son directeur de cabinet, qui ordonne à l’UBA de créditer le compte «Degba Mozabi Samuel»est donc une violation manifeste de la chaîne de la dépense. Qui a autorisé l’UBA à décaisser vers un privé?

  1. Le conflit d’intérêts institutionnel: quand le contrôleur devient prestataire

C’est le cœur du scandale que l’honorable Degba esquive.

Les articles 100 et 101 de la Constitution sont clairs: le député national légifère et contrôle le Gouvernement. Il ne l’exécute pas contre rémunération.

En acceptant d’être payés par le ministère de la Santé pour «sensibiliser», 7 députés nationaux et une sénatrice du Haut-Uélé ont inversé les rôles. Ils sont devenus des agents d’exécution d’un ministère qu’ils sont censés contrôler. Dès lors, comment l’honorable Degba interpellera-t-il demain le ministre de la Santé sur la gestion des fonds Ebola, alors qu’il en a été lui-même le gestionnaire et le bénéficiaire?

C’est la dérive du copinage Parlement-Exécutif, banalisée depuis la COVID-19. On achète la caution politique des élus avec l’argent des bailleurs – États-Unis, UE, Banque Mondiale – au nom de «l’engagement communautaire». Le Parlement, contre-pouvoir, se transforme en agence de communication du Gouvernement. C’est une abdication de sa mission constitutionnelle.

  1. Une justification qui ne résiste pas à l’audit

Degba affirme: «Tous ceux qui étaient sur le terrain ont reçu quelque chose».

«Quelque chose» n’est pas une catégorie comptable.

  • Quel montant exact par député ?
  • Sur quelle base juridique ? Ordre de mission de l’Assemblée nationale ou contrat de prestation du ministère ?
  • Où sont les décharges signées, les listes de présence à Isiro, Ibambi, Rungu, Wamba, les factures de location de salles, de mégaphones, de carburant ?
  • Pourquoi 50 000 dollars pour 7 personnes, soit plus de 7 000 dollars par élu, pour quelques jours de sensibilisation alors qu’un infirmier de la riposte touche 150 USD de prime ?

Au final, le droit de réponse de l’honorable Degba ne répond à aucune des questions de gouvernance posées par le député Bangakya. Il confirme que des fonds de riposte Ebola ont atterri sur un compte privé, qu’ils ont été partagés selon une clé informelle «après l’avis de tout un chacun», et que des élus chargés de contrôler l’Exécutif sont devenus ses prestataires rémunérés.

Ces députés et sénatrice ont donc violé la constitution et les règlements intérieurs de leurs chambres respectives.

AfricaNews maintient l’intégralité de ses informations et attend les conclusions du comité des sages, de l’IGF et du Parquet général près la Cour de cassation.

La Rédaction

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