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DGDP: 50 ans d’existence entre bilan mitigé et ambition de redressement

La Direction générale de la dette publique -DGDP- a célébré, mercredi 16 septembre à Kinshasa, son cinquantième anniversaire. À cette occasion, son Directeur général ad intérim, Apollinaire Ndongala Tadi Lewa, a dressé un bilan marqué par les difficultés héritées du passé, tout en affichant l’ambition de consolider les acquis et de renforcer le rôle de la DGDP dans la gestion de la dette publique.

50 ans, ça se fête. La Direction générale de la dette publique -DGDP- a commémoré, mercredi 16 septembre à Kinshasa, son cinquantième anniversaire au cours d’une cérémonie placée sous le thème: «DGDP, 50 ans de gestion de la dette publique: bilan, défis et perspectives». À cette occasion, le Directeur général ad intérim de la DGDP, Apollinaire Ndongala Tadi Lewa, a rappelé le rôle stratégique de cette institution dans la gestion de l’endettement public en RD-Congo.

«Aujourd’hui, la DGDP constitue un acteur central de la gestion de la dette publique et demeure l’unique conseiller de l’État RD-congolais en matière d’endettement public. Cette responsabilité impose une exigence permanente: connaître, analyser, suivre, maîtriser et anticiper la gestion de la dette publique, afin qu’elle demeure un instrument au service du développement et non une contrainte qui tendrait à compromettre les finances des générations futures», a-t-il déclaré.

Selon Apollinaire Ndongala, la priorité consiste désormais à consolider la marche de cette direction afin qu’elle puisse continuer à servir de socle aux décisions futures en matière de finances publiques. L’objectif, a-t-il expliqué, est de contribuer à l’assainissement des finances de l’État et de créer les conditions permettant au pays de réaliser d’importants investissements.

Un cinquantenaire placé sous le signe du bilan

À l’en croire, ce cinquantenaire constitue également un moment de bilan. La RD-Congo a traversé des périodes difficiles, marquées notamment par l’accumulation des arriérés, la complexité de la dette héritée du passé ainsi que les insuffisances des mécanismes de suivi et de gouvernance de l’endettement public. Mais, estime le Directeur général ad intérim, l’histoire récente démontre également la capacité de redressement du pays et sa résilience face aux principaux chocs macroéconomiques. D’après le patron de la DGDP, la RD-Congo a notamment bénéficié de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés -PPTE-, qui a permis une réduction considérable de son stock de dette extérieure.

Le tournant historique s’est opéré en juin 2010. Parmi les réalisations mises en avant figure également la participation à la première émission souveraine d’Eurobond du 9 avril 2026, qui a permis à la RD-Congo de lever 1,25 milliard USD sur le marché international. La demande, supérieure à 5 milliards USD, a été présentée comme un indicateur de l’intérêt et de la confiance des investisseurs. Après plusieurs années de réformes économiques, la RD-Congo a atteint le point d’achèvement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés. 

Doudou Fwamba appelle à renforcer le rôle de conseiller

Les créanciers du Club de Paris et les institutions multilatérales ont alors effacé près de 90% de la dette extérieure RD-congolaise, ramenant son stock à moins de 3 milliards de dollars. Sur ces bases assainies, l’Office de gestion de la dette publique -OGEDEP- a été réformé pour donner naissance à une DGDP moderne, intégrée et rigoureuse, avec pour mission d’éviter au pays de retomber dans le piège du surendettement.De son côté, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a exhorté les responsables de la DGDP, placée sous sa tutelle, à jouer pleinement leur rôle de conseiller en matière d’endettement public. Il a insisté sur la nécessité de permettre au gouvernement de bénéficier davantage d’investissements susceptibles de soutenir la croissance économique et, de surcroît, le développement du pays. 

De l’OGEDEP à la DGDP

Le patron des Finances les a également encouragés à poursuivre l’évaluation des risques budgétaires liés à l’endettement public, ainsi que ceux consécutifs aux engagements implicites et explicites des pouvoirs publics dans le cadre des projets de partenariat public-privé. L’histoire de l’institution remonte au 16 septembre 1976, date de création de l’Office de gestion de la dette publique -OGEDEP-, à l’image des caisses autonomes d’amortissement qui existaient déjà dans plusieurs pays africains nouvellement indépendants, notamment en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Congo-Brazzaville.

À sa création, l’OGEDEP, établissement public, était doté d’un Fonds de gestion et d’amortissement de la dette -FGAD-, destiné principalement à assurer l’amortissement de la dette et, accessoirement, le fonctionnement de l’office. Cette jeune institution s’est rapidement mise à l’œuvre pour recenser, compiler et organiser la banque de données de la dette du pays ainsi que les informations relatives aux principaux créanciers de l’État. Une démarche qui lui a permis de bâtir une renommée dépassant rapidement les frontières nationales. Au regard des difficultés persistantes de trésorerie, le gouvernement a ensuite décidé, dans le cadre de la réforme du portefeuille de l’État RD-congolais, de transformer l’office en service public placé sous l’autorité directe du ministre des Finances. Cette réforme a été consacrée par le décret n°09/61 du 3 septembre 2009 portant création et organisation d’un service public dénommé Direction générale de la dette publique -DGDP.

La cérémonie du cinquantenaire a été marquée par plusieurs temps forts, notamment la remise au ministre des Finances d’un trophée en bronze représentant deux mains, celles d’un homme et d’une femme, soutenant un globe, ainsi que la projection d’un documentaire retraçant l’histoire et l’évolution de l’institution. Le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, la ministre du Portefeuille, ainsi que plusieurs invités, notamment des représentants des institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international -FMI-, ont pris part à cette cérémonie.

Christian Butsila

Directeur de publication d'AfricaNews RDC et journaliste passionné par la culture, les questions de société et la gouvernance, Christian Butsila est convaincu que l'information est un levier essentiel de la citoyenneté. Depuis plus de 20 ans, il œuvre pour un journalisme exigeant, fondé sur l'exactitude des faits, l'éthique et l'intérêt public. À travers ses analyses et ses écrits, il met en lumière les dynamiques culturelles congolaises et africaines, tout en portant un regard attentif sur les grands enjeux de la vie publique en République démocratique du Congo. Il défend une information crédible, rigoureuse et accessible, fidèle à la ligne éditoriale d'AfricaNews RDC.

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