
Il fallait éteindre l’incendie et tordre cou à la controverse. Depuis que le gouvernement du Président Félix Tshisekedi a levé, pour la première fois de l’histoire de la République Démocratique du Congo, 1,25 milliard de dollars sur le marché international le 9 avril dernier, la rumeur d’une dette qui s’emballe court les salons de Kinshasa. C’est pour y répondre que la voie autorisée, la Direction Générale de la Dette Publique -DGDP- a choisi de publier son bilan. Un bilan qui, chiffres à l’appui, raconte exactement l’inverse de ce que ses détracteurs laissent entendre. Et les chiffres qu’elle livre sont sans appel. Au 31 décembre 2025, avant l’opération, la dette publique nationale était contenue à un peu plus de 15 milliards de dollars.
Au 30 juin 2026, après la réussite de l’Eurobond, elle s’établit à 18,5 milliards. Une progression maîtrisée qui, rapportée à la richesse nationale, représente moins de 20% du PIB. A ce niveau, la République Démocratique du Congo demeure l’un des pays les moins endettés du continent, très loin des 50 à 70% observés chez plusieurs voisins africains. C’est tout le sens du message de la DGDP: la République Démocratique du Congo s’endette, oui, mais elle le fait à partir d’une base parmi les plus saines d’Afrique. La structure même du portefeuille confirme cette solidité et la prudence de la stratégie mise en œuvre sous l’impulsion du Chef de l’Etat.
Sur ces 18,5 milliards, près de deux tiers sont logés à l’extérieur et un tiers à l’intérieur, avec une dette intérieure qui reflète le dynamisme du marché local des titres publics et la gestion progressive et responsable des arriérés. Loin d’être une dette subie, c’est une dette choisie et pilotée. Le cœur du portefeuille, une fois consolidé et nettoyé des éléments techniques, s’établit autour de 14,5 milliards de financements sains et productifs. Et c’est là que se situe la force du modèle congolais: plus de deux tiers de cet encours restent des prêts concessionnels, ces financements à taux quasi nul et à très longue maturité accordés par les partenaires multilatéraux et bilatéraux qui accompagnent la vision du Chef de l’Etat pour le développement. Banque mondiale, BAD, partenaires au développement: ce sont eux qui portent l’essentiel de l’investissement public. C’est la signature de la confiance internationale dans la trajectoire congolaise.
Dans ce schéma vertueux et parfaitement équilibré, l’Eurobond inaugural qui a marqué l’entrée réussie et saluée du pays sur le marché financier international ne représente que moins de 9% du socle de financement. Une part marginale qui vient intelligemment diversifier les sources sans en bouleverser l’équilibre. Les créances commerciales de l’Etat, elles, sont devenues résiduelles, preuve de l’assainissement en cours et de la crédibilité retrouvée.

Pour achever de rassurer l’opinion nationale et internationale et couper court aux spéculations, la DGDP aligne les ratios qui font référence à Washington et qui servent de boussole au FMI. La valeur actuelle de la dette extérieure ne pèse que 10% du PIB pour un seuil d’alerte fixé à 50%, la dette publique totale plafonne à 10,5% pour une limite prudente de 35%, et même rapportée aux exportations, poumon en devises du pays grâce au cuivre et au cobalt, la dette extérieure ne vaut que 27% pour un plafond toléré à 140%. Tous les feux sont au vert, avec une marge de sécurité considérable.
La conclusion de la voie autorisée est claire, assumée et documentée: à moyen et long terme, la dette publique de la République Démocratique du Congo demeure soutenable, viable budgétairement et parfaitement ancrée dans la Stratégie de Dette à Moyen Terme du Gouvernement. Il n’y a ni dérapage, ni emballement. Avec son premier Eurobond, Kinshasa n’a pas seulement levé 1,25 milliard. Elle a démontré que sa signature est crédible, que sa dette est maîtrisée et que sa trajectoire est soutenable. C’est le passage à l’âge adulte financier d’une économie qui assume désormais son statut.
Natine K.
