RDC: Ce que les députés recommandent au gouvernement après l’audition du DG de la SOKIMO

L’Assemblée nationale demande à l’Exécutif, entre autres la levée de toute entrave au recouvrement par la Gécamines de ses créances de près USD 250 millions vis-à-vis de ses créanciers dont la KCC pour lui permettre de poursuivre ses activités de production, a dit le député Jean Kimbunda

Déclarés recevables, vendredi 29 mai 2020, par l’assemblée plénière, les rapports de la Commission Environnement, tourisme, ressources naturelles et développement durable sur les auditions des ministres de l’Environnement et du Portefeuille ainsi que du Directeur général de la SOKIMO ont bénéficié des enrichissements des députés dans le volet des recommandations à adresser au gouvernement. Les rapports validés, l’Assemblée nationale a bétonné ses propositions destinées à l’Exécutif national pour la relance des sociétés minières publiques. Cette commission présidée par le député Elvis Mutiri a auditionné le ministre de l’Environnement Claude Nyamugabo sur la délimitation des parcs nationaux et les dividendes que tirent les populations riveraines sur les aires protégées. Avec le ministre Clément Kwete, par contre, le travail a porté sur la stratégie gouvernementale de gestion et de la relance des sociétés minières du portefeuille de l’Etat alors que l’audition du Directeur général de la SOKIMO se rapportait à la nécessité des actifs de la société à Kodo Ressources et aux problèmes de gestion de l’entreprise. «Parce que le gouvernement a besoin de l’Assemblée nationale en tant  qu’instrument de  contrôle de son action et que l’Assemblée nationale a aussi besoin du gouvernement pour mettre en œuvre le programme qu’elle a bien validé, nous allons fouiner, travailler dans la comptabilité et la gestion de toutes ces entreprises publiques du secteur minier, à savoir: MIBA, SAKIMA, SOKIMO, Gécamines et autres pour produire un travail en vue  de relancer nos entreprises», a souligné le député Jean Kimbunda Mudikela, rapporteur de la Commission Environnement.Au nombre des recommandations intéressantes à adresser au gouvernement, figure la levée de toute entrave au recouvrement par la Gécamines de ses créances  de près 250 millions USD vis-à-vis de ses créanciers dont la KCC pour lui permettre de poursuivre ses activités de production.  Pour ce qui est de la Gécamines, la plénière  a estimé que la lettre du Directeur de  cabinet du Président de la République adressée à KCC demandant la surséance du contrat de cession d’actifs est non seulement inconstitutionnelle mais privilégie les intérêts d’une société privée étrangère au détriment de l’Etat actionnaire de la Gécamines.Restaurer la MIBA SA en vue de la rendre plus compétitive et rentable, apporter des réponses appropriées à la crise sociale de la SOKIMO dont les agents accusent plus de 75 mois d’arriérés de salaire, diligenter une mission d’enquête pour rétablir la régularité ou non des activités de la SOMICO et reprendre contact avec les sociétés étrangères intéressées à la production du nobium en vue de relancer les activités de la SOMIKIVU font partie des recommandations que l’Assemblée nationale a formulées à l’intention du gouvernement. Les députés ont encore demandé à l’Exécutif national de procéder à la mise en œuvre effective du contrat de production qui lie la MIBA à la société roumaine AM Developpement international.Résumant le travail abattu par sa commission et salué par l’assemblée plénière, Jean Kimbunda a été très précis: «A la SOKIMO, l’outil de production est quasi vétuste et pratiquement inexistant. Les différents partenariats auxquels la société s’est assigné n’ont pas produit des effets escomptés. Et la SOKIMO n’a pas pu se relancer. Le seul partenariat qui a semblé marcher reste celui signé avec Baric -Kibali gold mines-  et encore là nous avons un problème réel car depuis 2018 Kibali gold mines doit près de 3 millions USD de dividendes à la SOKIMO qui ne sont pas encore payés. Il est anormal qu’en fin de 2018 les actionnaires déclarent en Assemblée générale un bénéfice qui est reparti à tous les actionnaires. Et l’actionnaire SOKIMO pour  l’Etat RD-congolais ne reçoit pas les 3 millions, et le même ne s’en offusque même pas». Le rapporteur de la Commission Environnement de la Chambre basse trouve  aussi anormal qu’une autre grande société de l’Etat comme la Gécamines, devenue aujourd’hui le fleuron de l’économie nationale, puisse être privée de son dû évalué à près d’USD 250 millions.  «Il y a douze ans  en arrière, la Gécamines était dans un état tel qu’on ne pouvait pas encore faire confiance en cette entreprise. Mais aujourd’hui, elle attise les envies et les appétits gloutons des hommes politiques et des mandataires publics. Cela signifie qu’un travail a été abattu. Cependant, vous avez un partenaire en contrat avec la Gécamines qui décide de payer ce qu’il faut à la Gécamines près d’USD 250 millions mais c’est encore l’Etat, à travers ces services publics, qui demande au partenaire de ne pas honorer ses engagements, donc de ne pas payer», a regretté l’élu de Masi-Manimba. Et de poursuivre: «moi je pense que si nous voulons mettre en œuvre la politique du Président de la République, Chef de l’Etat, nous devons arriver à aider les institutions et les services  publics de notre pays à recouvrer les moyens qu’il faut et les mettre à la disposition de l’Etat. Et c’est ainsi que nous pouvons avoir un programme du gouvernement qui se met en place pour le bonheur du peuple».Au niveau de l’environnement avec les aires protégées, Jean Kimbunda reconnait l’existence d’un dialogue participatif à encourager mais regrette l’absence des actions sociales en faveur des populations riveraines des parcs d’Upemba et de Kundelungu. «Une mission d’enquête va être déployée dans les parcs nationaux et les aires protégées, notamment dans les parcs de Virunga, Kahuzi-Biega, Kundelungu, Upemba, etc. A Upemba et Kundelungu, je vous assure qu’il n’y a rien qui soit fait sur le plan social en faveur des populations riveraines», a déploré le député Jean Kimbunda Mudikela. Le rapporteur de la commission Environnement a fait savoir que toutes ces questions seront passées en revue au niveau de toutes les commissions d’enquêtes que l’Assemblée nationale mettra en place. «Bref, nous allons fouiner, travailler dans la comptabilité et la gestion de toutes ces entreprises publiques du secteur minier, à savoir: MIBA, SAKIMA, SOKIMO, Gécamines et autres de telle sorte que dans un bref délai, nous soyons à mesure de produire un travail qui puise être utilisé pour nous permettre de relancer nos entreprises» a-t-il conclu.

Dorian KISIMBA