
À Kinshasa, les mêmes questions reviennent chaque année à la même saison: pourquoi les coupures se multiplient ? Pourquoi huit heures ou 24 heures sans courant dans certains quartiers? Cette fois, la SNEL a choisi de répondre face à la presse, sans détour.Sur autorisation du directeur général, le Prof. Teddy Lwamba, le directeur du Département de distribution de Kinshasa -DDK-, Zephyrin Kazadi, a ouvert les portes du poste haute tension de Funa.
Le diagnostic est connu des énergéticiens, moins du grand public: c’est l’étiage. L’étiage, c’est la baisse saisonnière du niveau des eaux. Le fleuve et ses affluents sont au plus bas. Or Kinshasa dépend en partie de la rivière Inkisi, dans le Kongo Central. Quand le débit de l’Inkisi chute, la puissance disponible chute avec lui. Ce n’est pas une panne. Ce n’est pas non plus une défaillance. C’est de la physique. «La SNEL produit de l’électricité, elle ne produit pas d’eau», a résumé Zephyrin Kazadi. La phrase fait sourire, mais elle dit l’essentiel: l’hydroélectricité, qui reste le socle de la desserte congolaise, est intimement liée au climat. Sans eau, pas de mégawatts. Que fait alors l’opérateur?
Pour éviter de casser les machines, pour protéger le réseau, il rationne. Il organise des rotations. Oui, elles peuvent aller jusqu’à huit heures ou 24 heures dans certaines communes. C’est pénible, personne ne le nie à la SNEL. Mais c’est une mesure de sauvegarde, pas une punition. Mieux vaut une rotation maîtrisée qu’un black-out généralisé ou une turbine grillée qui mettrait des mois à être réparée. Il faut aussi entendre l’autre partie du message, celle qu’on entend moins dans la colère des groupes WhatsApp: ce délestage n’est pas une fatalité installée. Face à cette contrainte saisonnière, qui reviendra, la SNEL dit poursuivre ses investissements: nouveaux ouvrages, renforcement des postes, modernisation du réseau de distribution kinois. L’objectif poursuivi par le DG Teddy Lwamba est clair: réduire, année après année, l’impact de l’étiage sur la capitale. C’est un travail de fond, invisible quand le courant passe, très visible quand il ne passe pas.
En attendant, la consigne est simple et citoyenne: comprendre la cause, adapter sa consommation, débrancher les appareils non essentiels aux heures de pointe, signaler les fraudes qui surchargent le réseau. Le courant reviendra à pleine puissance avec la remontée des eaux.






