
La réplique ne s’est pas fait attendre. 24 heures après l’annonce de Washington gelant ses avoirs pour un soutien présumé à la rébellion de l’AFC/M23, l’ancien Président Joseph Kabila est sorti de son silence. Indigné mais aussi fier de défendre son bilan, l’homme qui a dirigé la RD-Congo pendant 18 ans dénonce une cabale politique. C’est par la voix de son cabinet que l’ancien Chef de l’État a fait part de son incompréhension face à la décision américaine du 30 avril 2026.
Pour le camp Kabila, les sanctions ne reposent sur aucune preuve concrète et constituent une mesure «profondément injustifiée» et «politisée». Son entourage s’inquiète de ce qu’il perçoit comme une validation de la position des autorités RD-congolaises. Kinshasa a en effet salué cette sanction, y voyant un signal fort contre l’impunité dans le conflit qui déchire l’Est du pays.
Pour l’ancien Président, cette démarche américaine risque d’encourager une «dérive autoritaire» au détriment de l’État de droit. Face aux critiques, Joseph Kabila a choisi de rappeler son parcours à la tête de l’État, de 2001 à 2019. Il a mis en avant plusieurs acquis dont la réunification du pays, la pacification progressive et la réconciliation nationale.
Dans son communiqué, il souligne également que son mandat s’est achevé par la première passation pacifique du pouvoir dans l’histoire de la RD-Congo, un élément qu’il présente comme un jalon important pour la démocratie en RD-Congo. Pour Joseph Kabila, ces acquis démocratiques ne sauraient être effacés par des «accusations infondées».
Par ailleurs, l’ancien Chef de l’État n’entend pas en rester là. En invoquant l’article 64 de la Constitution, qui appelle les citoyens à faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exercice de celui-ci en violation des dispositions de la Constitution, il annonce son intention de saisir les voies de droit. En outre, Joseph Kabila réaffirme son engagement en faveur de la cohésion nationale et d’une issue pacifique à la crise qui frappe les populations de l’Est.

