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Coup de balai à l’ex-IFASIC, la rectrice annule 40 décisions de son prédécesseur

Un vent de réforme souffle sur l’Université des sciences de l’information et de la communication -UNISIC. Moins de deux mois après sa prise de fonction à la tête de la première école de journalisme de la République démocratique du Congo, la professeure Espérance Bayedila a engagé un vaste remue-ménage en annulant pas moins de 40 décisions rectorales prises par son prédécesseur, le professeur Jean Kambayi Bwatshia. Ce coup de balai vise à assainir le fichier du personnel scientifique et administratif, entaché par des recrutements jugés «illégaux».

En interne, cette mesure est qualifiée de «décision forte», susceptible d’apaiser une tension sociale naissante, dont les germes remontent à septembre 2024. À cette période, l’Association des professeurs de l’UNISIC -APUSIC- était montée au créneau pour dénoncer un «recrutement pléthorique et irrégulier de plus de 100 nouveaux agents». Le corps professoral redoutait alors une mesure de nature à mettre en péril les finances et l’équilibre académique de l’établissement.

Sont également concernés par la décision de la professeure Bayedila, consultée par AfricaNews, tous les agents du personnel administratif engagés avant 2022 mais ayant bénéficié d’une reconversion en personnel scientifique entre 2022 et 2025. Ces derniers sont d’office réintégrés dans leur corps d’origine. À travers cette réintégration, la rectrice de l’ex-IFASIC entend «restaurer l’équilibre entre le personnel administratif et le corps enseignant, tout en garantissant que les carrières scientifiques répondent à des critères académiques rigoureux plutôt qu’à des arrangements de circonstance».

En clair, les actes administratifs posés sous la précédente mandature concernant ces reconversions sont frappés de nullité.

Réactions mitigées et valse de recours en vue

Pour garantir l’efficacité de cette mesure, la rectrice a mobilisé l’ensemble de son cabinet afin d’en assurer «l’exécution sans délai». Ces dispositions, qui portent notamment sur le statut et les attributions des agents, visent à optimiser le fonctionnement de l’université et à garantir une gestion stratégique des ressources humaines au service de son développement.

Alors que leur mise en œuvre a déjà commencé, plusieurs mécanismes d’accompagnement ont été activés pour soutenir le personnel concerné durant cette phase de transition, dans l’objectif de renforcer l’efficacité de l’UNISIC. Selon des sources internes, l’ambition finale est de consolider la position de l’ex-ISTI comme institution académique de premier plan.

Mais les agents concernés ne comptent pas s’avouer vaincus. Plusieurs d’entre eux préparent déjà des recours et espèrent retrouver leurs rangs. «Il est vrai qu’il y a eu certains dérapages, mais on ne peut pas tout balayer d’un seul revers de la main. Nous allons faire valoir nos droits jusqu’au bout, quitte à saisir le Conseil d’État», confie l’un des recalés à AfricaNews.

Du côté de l’université, la porte n’est pas totalement fermée. «Les recours sont les bienvenus et seront traités au cas par cas», assure un membre de la commission chargée de préparer ces décisions, également enseignant à l’UNISIC. L’initiative de la professeure Espérance Bayedila s’inscrit dans la droite ligne des réformes impulsées par le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire.

Hénoc AKANO

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