
La ville de Belém, capitale de l’État du Pará dans le Nord du Brésil, accueille depuis mercredi 5 novembre des représentants de 143 pays, dont près de 100 Chefs d’État et de gouvernement venus participer à la 30ème Conférence des parties sur le changement climatique -COP30. Sans nul doute, aucune réflexion mondiale sur le climat ne peut se faire sans la participation de la RD-Congo, pays qui détient une bonne partie de la solution au réchauffement climatique grâce à sa biodiversité, aux côtés du Brésil et de l’Indonésie.
C’est dans ce cadre que le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est arrivé mercredi à Belém, au cœur de la forêt amazonienne. Ici, au Brésil, le Chef de l’État RD-congolais s’est adressé au monde entier sur la vision de la RD-Congo, «pays solution», au cours du Sommet des Chefs d’État. Cette vision consiste en une participation cohérente, visible et efficace, assortie d’engagements financiers concrets. Le Président RD-congolais l’a démontré à l’ouverture de la COP30, jeudi 6 novembre à Belém, fustigeant l’agression dont son pays est victime de la part du Rwanda, ce qui constitue une menace au plan mondial en matière de protection de l’environnement.
Pour Félix Tshisekedi, la RD-Congo, agressée par le Rwanda, continue à faire face à une guerre écologique provoquant un écocide profond dans sa partie Est. «Mon pays est aussi victime d’une guerre écologique, en ce qu’elle détruit nos forêts, nos aires protégées, nos parcs, etc. Mon pays comprend donc la pleine portée de l’initiative de Vanuatu, de Fiji et de Samoa visant à reconnaître l’écocide comme un crime international autonome. Détruire délibérément une forêt primaire, une tourbière millénaire ou une aire protégée essentielle au stockage du carbone revient à compromettre l’avenir de l’humanité», a déclaré Félix Tshisekedi, 10ème intervenant à la première journée d’une conférence mondiale sur le changement climatique au Brésil.
À cette occasion, il n’est pas allé par le dos de la cuillère en sollicitant le décaissement urgent des 300 milliards de dollars par an pour le financement climatique en faveur de la RD-Congo. «Comme je l’ai mentionné à l’entame de mon propos, nous devons agir. Je recommande l’application effective des engagements pris à Bakou, en l’occurrence le décaissement des 300 milliards de dollars par an. Je formule vivement le vœu que la COP30, ici à Belém, marque un départ dans notre volonté commune de léguer aux générations futures une planète où il fera beau vivre», a souligné Félix Tshisekedi.
RD-Congo, pays solution
Le Président RD-congolais a plaidé devant ses pairs pour obtenir une reconnaissance renforcée du rôle du Bassin du Congo et présenté un dispositif national de gouvernance du carbone clair, transparent et souverain. Jusqu’ici, la RD-Congo n’est pas bénéficiaire des fonds alloués à la protection de l’environnement proportionnellement au rôle qu’elle joue.
En marge de sa participation à la COP30, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo va rencontrer en tête-à-tête son hôte, le Président Lula da Silva. Les deux dirigeants s’étaient déjà rencontrés ici même à Belém en 2023. Ils avaient émis le vœu de créer une dynamique autour de trois grands bassins mondiaux, à savoir le Congo, le Bornéo et l’Amazonie. La COP30 de Belém est fondamentale en termes d’attraction et de résultats.
Pour le Président Lula, la COP30 doit être celle de la mise en œuvre de l’Accord de Paris, car depuis 2015, les pays y travaillent encore. Ils doivent aussi présenter cette année leurs contributions déterminées au niveau national. La RD-Congo représente le 2ème plus grand massif forestier au monde. Ses 155 millions d’hectares de forêts constituent près de 10% des forêts tropicales mondiales et près de 38% des forêts en Afrique.

