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Caravane infrastructurelle – Acte 2: John Banza Lunda inspecte la 2×2 Muanda-Yema et lance l’offensive pour désenclaver le corridor Banana-Kinshasa

Après avoir avalé près de 2 900 kilomètres à travers l’Ouest, le Centre et le Sud-Est du pays vers Sakania, John Banza Lunda boucle sa boucle. C’est depuis la cité côtière de Muanda, dans le Kongo-Central, que le ministre des Infrastructures et Travaux Publics -ITP- a donné le coup d’envoi de l’Acte 2 de sa «Caravane infrastructurelle». Objectif: s’attaquer au dernier maillon de la dorsale nationale, l’axe stratégique Muanda-Kinshasa.

Une itinérance qui s’inscrit dans la droite ligne de la politique de grands travaux impulsée par le Président Félix Tshisekedi et exécutée par le gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

Le pari Banana-Sakania: 3 300 km d’un seul tenant

À Muanda, le ministre a commencé par inspecter les chantiers de la route côtière longeant l’océan Atlantique, sous la supervision technique de l’Agence Congolaise des Grands Travaux -ACGT.

«Lorsque l’on aura relié Banana à Kinshasa, on aura relié tout le corridor de Banana-Sakania. D’ici une année et demie, il sera possible de prendre une petite voiture à partir de Muanda et de traverser Matadi, Kinshasa, Kikwit, Tshikapa, Mbujimayi jusqu’à Sakania», a lancé le patron des ITP.

Muanda-Yema: une voirie urbaine à portée sous-régionale

Le cœur de cette deuxième phase reste la route Muanda-Yema. Loin d’être une simple route provinciale, elle cadre avec le plan d’aménagement de la voirie urbaine de Muanda. Conçue en 2×2 voies, elle a une double fonction structurante: connecter la ville au site du futur port en eaux profondes via la route de Banana, et ouvrir la cité sur l’extérieur.

Car Yema n’est pas qu’une banale localité de la République Démocratique du Congo. C’est la porte d’entrée de la province angolaise de Cabinda, elle-même reliée à la ville côtière de Pointe-Noire en République du Congo. Or, Cabinda et Pointe-Noire abritent chacune un port maritime international.

En modernisant cet axe urbain, Kinshasa crée de facto un corridor d’interconnexion entre trois façades portuaires majeures de l’Atlantique – Banana, Cabinda et Pointe-Noire. Une façon pour la République Démocratique du Congo de ne pas subir la concurrence portuaire régionale, mais de s’y connecter et de s’imposer comme hub de transit.

Mais le chantier n’est qu’à 60% d’exécution. Selon la direction de l’ACGT, l’avancement est freiné par l’enchevêtrement des réseaux existants -pipelines pétroliers de Perenco et câbles de fibre optique- qui occupent l’emprise. À cela s’ajoute l’érosion côtière, contre laquelle des murs de soutènement en béton sont en cours de construction.

Un goulot d’étranglement critique, car le port de Banana – projet phare opéré par DP World – avance à grands pas. La livraison de sa Phase 1 est programmée pour mars 2027, avec 350 000 conteneurs par an, un quai de 600 mètres et un tirant d’eau de 18 mètres.

Levée des verrous d’ici fin septembre

Face à ces blocages, John Banza Lunda passe à l’offensive. Un arbitrage gouvernemental est convoqué dans les prochains jours à Kinshasa, réunissant l’Urbanisme et Habitat, l’Office des Routes, le BTC et les autorités provinciales.

Mot d’ordre: vider tous les verrous domaniaux et administratifs d’ici fin septembre afin de libérer totalement l’emprise et tenir le délai de mars 2027.

Natine K

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