
La tragédie s’est de nouveau invitée dans la ville martyre de Beni, en province du Nord-Kivu. Dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai, une incursion meurtrière attribuée aux terroristes d’origine ougandaise, membres des Forces démocratiques alliées -ADF-, a plongé le quartier Ngadi dans le deuil et l’effroi. Selon des informations relayées par le média en ligne «Actualité.cd», un bilan provisoire fait état d’au moins sept personnes sauvagement abattues, dont l’illustre artiste comédien et chanteur Nzanzu Mangese. Entre psychose généralisée, hôpitaux vidés de leurs malades et disparitions massives, le cri de détresse de la population retentit une fois de plus à l’adresse de Kinshasa.
Sur le terrain, la désolation se mêle à l’incertitude. Les forces de défense et de sécurité ont investi la zone pour des opérations de fouille et de ratissage. Les familles, plongées dans une attente insoutenable, recherchent désespérément de nombreux proches portés disparus. Le risque de voir le bilan s’alourdir reste entier. L’effet de l’attaque dépasse le quartier Ngadi. La psychose sécuritaire a provoqué des mouvements de panique dans les structures sanitaires de la zone. Plusieurs malades ont fui précipitamment les centres de santé, craignant d’être pris au piège lors de l’assaut. Pour les acteurs sanitaires, cette fuite massive complique la prise en charge dans un système déjà fragile.
Certains patients, privés de suivi, s’exposent à des risques aggravés. Les conséquences humanitaires de ce déplacement soudain inquiètent déjà le personnel médical. Face à cette énième tragédie, les voix s’élèvent de nouveau à Beni. Autorités locales, Société civile et habitants multiplient les appels pour un renforcement urgent du dispositif sécuritaire. Après des années de violences récurrentes, la population exige des mesures concrètes pour restaurer la paix et la stabilité dans la région.
Hénoc AKANO


