
Le gouvernement RD-congolais va demander des explications à l’Ouganda après la réouverture, jeudi 10 juillet de tous les postes-frontières dans les zones sous occupation des rebelles de l’Alliance fleuve Congo -AFC-, dont le célèbre poste de Bunagana. Lors de la réunion du Conseil des ministres du vendredi 11 juillet, le dossier a été examiné et la ministre des Affaires étrangères a été chargée de transmettre les protestations de la RD-Congo. Par cette démarche diplomatique, Thérèse Kayikwamba devra obtenir des éclaircissements du gouvernement ougandais concernant les raisons et les modalités de cette décision de rouvrir la frontière sans concertation préalable avec Kinshasa.
«La situation aux frontières a également fait l’objet du rapport qui a été présenté par le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, spécifiquement la situation de la frontière entre la RD-Congo et l’Ouganda», a rapporté Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, dans le compte-rendu de cette réunion de l’Exécutif.
En même temps, le président Tshisekedi a préconisé une réorganisation territoriale de l’administration publique afin d’assurer une gouvernance de proximité. «Il s’agit de bâtir une administration moderne, inclusive et attentive aux besoins réels des populations», a précisé Muyaya. Pour Kinshasa, la réouverture de cette frontière apparait comme une démarche «susceptible de fragiliser les efforts régionaux de paix et de compromettre la souveraineté de la RD-Congo sur son territoire».
Allié de la RD-Congo dans une opération militaire conjointe, l’Ouganda est pourtant dénoncé dans plusieurs rapports du Groupe d’experts des Nations Unies sur la RD-Congo. En 2022, un de ces rapports établissait que les taxes imposées par l’AFC/M23 à Bunagana et à Kitagoma contribuaient au financement de ses opérations militaires. Cette année-là, environ 500 piétons ont traversé quotidiennement la frontière en payant environ 7.000 shillings ougandais -soit 1,80 USD-, permettant au M23 de récolter environ 27.000 USD par mois au seul poste de Bunagana. Des taxes sur le bétail -7 USD par tête- et l’accès aux terres agricoles -3 USD- étaient également en vigueur.
Hénoc AKANO


