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BCNUDH renforce les capacités des journalistes sur la justice transitionnelle en RD-Congo

Le Bureau de coordination des Nations unies aux Droits de l’homme -BCNUDH- est d’avis que les crimes imprescriptibles commis en RD-Congo ne resteront pas impunis. Pour alerter les décideurs et les victimes, cet organisme des Nations unies organise, du jeudi 18 au vendredi 19 août à Béatrice Hôtel à Kinshasa, un séminaire de renforcement des capacités des acteurs des médias sur la justice transitionnelle auquel prennent part 25 journalistes venus de la presse écrite, audiovisuelle et en ligne.

Les intervenants sont triés parmi les professeurs d’université, les juristes ainsi que les experts du BCNUDH en RD-Congo. Objectif poursuivi: équiper les journalistes sensés informer le public car l’accès à l’information est un droit garanti par la déclaration universelle des Droits de l’homme.

Evoquant les principes fondamentaux et les 4 piliers de la justice transitionnelle, Michelle De Aquino du BCNUDH a défini ce concept de justice transitionnelle comme «un éventail complet des divers processus et mécanismes mis en œuvre par une société pour tenter de faire face à des exactions massives commis dans le passé, en vue d’établir les responsabilités, de rendre la justice et de permettre la réconciliation».

Et d’ajouter: «le droit à la justice, le droit à la connaissance de la vérité, le droit aux réparations et le droit à une garantie de non-répétition sont les 4 piliers soutenus par les poursuites pénales, la recherche de la vérité, les réparations et, enfin, les réformes institutionnelles». Le Professeur Luzolo Bambi Lesa s’est appesanti sur les intérêts, défis et perspectives de la justice transitionnelle en RD-Congo. Selon lui, la justice intervient pour réparer un préjudice causé et que celle transitionnelle est la réponse à tous les crimes commis en RD-Congo.

«Il faut appliquer la justice transitionnelle en RD-Congo, elle est la solution miracle pour juger tous les crimes commis en RD-Congo», a-t-il dit, notant en passant que le Chef de l’Etat actuel, Félix-Antoine Tshisekedi est «bien indiqué pour faire appliquer cette justice car il n’est pas impliqué dans les crimes qui ont été commis sur le sol RD-congolais». Dans cette logique, Eric Aimé du BCNUDH est revenu sur les tribunaux pénaux internationaux et internationalisés, les hybrides et la justice internationale, laissant le libre choix à la RD-Congo sur le type qui conviendrait le mieux pour sa situation post-conflit.

Dans cet élan de former les professionnels des médias, le Professeur Ngoma Binda a partagé son expérience personnelle à la Commission Vérité et réconciliation de la RD-Congo de 2003-2006 où il occupait le poste de 2ème vice-président pendant la transition. Pour sa part, le Professeur Serge Makaya a développé la politique transitionnelle de l’Union africaine affirmant que la RD-Congo a tout intérêt de mettre en œuvre cette justice, car elle préside aux destinées de cette organisation panafricaine et ce, pour insuffler le vent de la lutte contre l’impunité sur le continent.

Ce n’est pas tout, Koffi s’est appesanti sur le rapport de la Commission chargée de faire la lumière sur les atrocités commises au Kasaï Central dans le dossier Kamuina Nsapu. Les interventions vont se poursuivre ce vendredi 20 août et le Prof Luc Matoy Mubiala va exposer sur les expériences avec les Commissions Vérité et réconciliation en Afrique: forces et faiblesses/expériences pratiques.

Octave MUKENDI  

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