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Réformes électorales: le plan des 12 apôtres du consensus

12 leaders, triés aussi bien parmi les politiques que les acteurs de la Société civile, ont décidé de lever les boucliers pour obtenir le consensus au sujet des réformes électorales nécessaires pour un processus électoral apaisé, transparent et démocratique. Après leur appel du 11 juillet, ces leaders sont revenus à la charge le vendredi 17 juillet 2020 avec des propositions concrètes des réformes électorales, inspirées des expériences des cycles électoraux de 2006, 2011 et 2018.

Le groupe de Delly Sesanga a notamment proposé la modification de la loi organique portant organisation et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante -CENI- en ce qui concerne particulièrement la composition de son organe de direction et le mode de désignation de ses membres. Aussi, il a émis le vœu de la révision de certains articles de la Constitution, à l’exclusion de l’article 220, et du rétablissement de deux tours à l’élection présidentielle. La dernière proposition, jusque-là exprimée, est relative à la modification de la loi portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales, principalement quant au mode de scrutin pour certaines élections, crédibilité du processus et des résultats, la facilitation du contentieux.

Dans leur déclaration du 17 juillet, ces 12 personnalités, à juste titre baptisées «apôtres du consensus», ont expliqué le sens de leur démarche dont la finalité est de «prévenir le chaos» et «baliser la route en vue des élections transparentes, démocratiques, crédibles et apaisées en 2023». «Le contexte politique actuel essentiellement marqué par des divergences profondes et des incertitudes évidentes sur la relance et l’aboutissement paisible du processus électoral, nous a conduits à lancer l’initiative de la recherche d’un consensus sur les réformes électorales», ont-ils expliqué, signifiant qu’ils poursuivent un triple objectif.

D’abord, éviter au pays de rééditer le cycle de violences récurrent consécutif aux contestations et aux revendications électorales. Ensuite, garantir la tenue effective des élections démocratiques, crédibles et apaisées en 2023 dans le respect de la Constitution et des lois de la République. Enfin, amener le pays entier et l’ensemble de parties prenantes à un consensus sur les questions électorales majeures qui font l’objet de profondes divisions.

Les apôtres du consensus ont en outre dévoilé leur plan d’actions en vue d’en arriver à la réalisation de leurs objectifs. Ils ont notamment prévu de «sensibiliser et de mobiliser la nation toute entière, nos populations, les animateurs des institutions ainsi que toutes les forces vives autour de la nécessité d’un consensus sur les réformes électorales». Ils ont aussi projeté d’«approcher toutes les parties prenantes au processus électoral afin d’obtenir et de concilier les avis des uns et des autres, dégager les divergences et les convergences de manière à pouvoir faciliter la construction d’un consensus attendu». Delly Sesanga et ses paires n’ont pas oublié de songer à la capitalisation des «acquis de nos échanges pour opérer des réformes électorales par la voie institutionnelle».

Tant d’autres activités sont inscrites dans leur plan d’actions, élaboré pour stopper l’élan de division pris par des acteurs socio-politiques et manifesté notamment par des mouvements de rue observés la semaine dernière un peu partout sur le territoire national. A les en croire, la division gangrène aussi bien la coalition gouvernementale, la majorité parlementaire, l’Opposition politique parlementaire et extraparlementaire, ainsi que les Confessions religieuses.

«Pris en étau entre le radicalisme et l’extrémisme des uns et des autres, le pays est de ce fait privé d’espace propice de discussion susceptible de favoriser le traitement sans passion des questions essentielles sur lesquelles la Nation devrait s’unir afin d’envisager plus sereinement son avenir», font-ils remarquer, non sans soutenir que c’est dans ce contexte qu’ils ont entrepris de transcender leurs divergences d’opinions et d’appartenances pour privilégier et promouvoir une option de responsabilité partagée, sans nécessairement se constituer en parti ou regroupement politique.

Laurent OMBA

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