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Basket: le calvaire de New Génération, étranglé après avoir évité une sanction internationale au pays

Au cœur de Kinshasa, un club forme des champions et réinsère des jeunes défavorisés. Aujourd’hui, ASB New Génération, vivier historique des Léopards et pilier social du basket national, est exclu des compétitions et étranglé par des dettes dont il n’est pas responsable. Ses dirigeants lancent un appel direct au ministre des Sports, Didier Budimbu: intervenir avant que ne disparaisse une filière d’espoir.

Un club au rôle sportif et social 

New Génération n’est pas qu’une équipe: c’est une académie qui, depuis plus d’une décennie, a façonné des talents devenus internationaux. De Maxim Shamba Munanga et Evariste Shonganya Tolembo -vainqueurs de l’AfroCan 2019- à Garmine Kande et Yannick Nzosa, le club a fourni des joueurs aux équipes nationales et même à la NBA. Mais au‑delà des trophées, New Génération accueille, scolarise et réinsère des jeunes en difficulté. Là où l’État fait défaut, le club assume une mission sociale irremplaçable.

Le sacrifice qui se retourne contre lui

En octobre 2025, quand plusieurs clubs avaient renoncé à disputer la Road to BAL, New Génération a accepté de représenter la République Démocratique du Congo pour éviter une sanction internationale. Pour participer, il fallait réunir «une dizaine de milliers de dollars», une charge que la fédération et l’État étaient censés couvrir selon les règles de FIBA Afrique. Le club a avancé les frais puis a dû payer encore plus: plus de 10 000 dollars pour la phase suivante à Praia, au Cap‑Vert.

Malgré ces efforts, la fédération n’a jamais fourni l’acte écrit garantissant le remboursement demandé par New Génération. Pis: au lieu d’apporter des garanties, elle a multiplié menaces et pressions. La Ligue de basketball de Kinshasa a été sommée de ne pas programmer New Génération, privant ses joueurs de rencontres alors que d’autres équipes en sont déjà à leur cinquième ou sixième journée.

Une stratégie politique déguisée en sanction sportive

Cette affaire a des relents politiques. Joe Lolonga Nkoi, cofondateur de New Génération et ancien manager des Léopards -2017-, est depuis longtemps un acteur influent du basket congolais. Challenger déclaré du président du comité fédéral lors des élections controversées de 2023 à Goma, il apparaît aujourd’hui comme une cible.

À la suite d’évictions et de suspensions jugées arbitraires dans les instances fédérales et provinciales, la mise à l’écart de New Génération ressemble à un règlement de comptes plus qu’à une décision sportive objective.

Conséquences: des jeunes privés d’avenir

La privation de compétition et l’angoisse financière n’affectent pas que le club. C’est toute une génération de joueurs et de jeunes en insertion qui se voit couper l’accès à la formation, à la visibilité et aux opportunités professionnelles. New Génération est champion du Congo et cinq fois champion de Kinshasa ; il est aussi un centre d’éducation et d’accompagnement. Le priver d’activité, c’est fragiliser un maillon essentiel du tissu social national.

Un appel solennel au ministre des Sports

Face à cette impasse, la responsabilité politique est engagée. Le ministre des Sports et Loisirs, Maître Didier Budimbu, est interpellé publiquement: garantir le respect des engagements, obtenir le remboursement des frais avancés par le club et faire lever les sanctions administratives qui privent New Génération de compétition. Agir, c’est non seulement sauver un club, mais préserver un dispositif social que l’État ne peut se permettre de perdre.

Choix immédiat

Le cas New Génération résume un paradoxe du sport congolais: des initiatives privées qui comblent les manques d’une gouvernance défaillante, et des instances censées protéger ces initiatives qui, au contraire, les étranglent. Le temps presse. Soit la fédération revoit sa position et respecte ses engagements, soit l’État, par la voix du ministre, impose des médiations et des garanties. Autrement, le poumon social du basketball national risque d’étouffer, et avec lui, des milliers d’espoirs.

YA KAKESA

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