
C’est l’un de ces dossiers kinois où se télescopent deux légitimités. D’un côté, des pylônes, des câbles à 30 000 volts et une norme de sécurité non négociable. De l’autre, des familles installées depuis des années sous les emprises.
Ce lundi 31 août, le dossier est remonté jusqu’au ministère de la Justice. Le Directeur général de la SNEL SA, Teddy Lwamba, et son équipe ont été reçus par le ministre d’État Guillaume Ngefa, saisi après l’émoi suscité à Bandalungwa.
L’objet: la décision de déguerpissement des occupants installés sous les lignes à haute tension de la SNEL.
La sécurité avant le foncier
Pour la SNEL, l’affaire n’est pas foncière. Elle est vitale. Construire et exploiter une ligne haute tension impose des corridors dégagés, des servitudes autour des pylônes et des câbles. Sans cette bande tampon, le risque d’électrocution, d’incendie ou d’effondrement est maximal.
À Bandal, plusieurs quartiers sont directement concernés. Des habitants, inquiets, accusent la société publique de vouloir les déposséder. Une lecture que la direction récuse.
Le dialogue comme doctrine
La SNEL l’assure: elle a entendu. Exit la méthode forte, place à la concertation. L’entreprise dit désormais privilégier «le dialogue, la concertation et la recherche d’une solution équilibrée».
À l’issue de la rencontre, un principe acté: la mise en place d’une commission de suivi. Sa mission, descendre sur le terrain, examiner au cas par cas, rapprocher les parties. L’objectif n’est pas de trancher à l’emporte-pièce, mais de concilier deux impératifs: la protection des vies humaines et le respect des droits des citoyens.
À Kinshasa, où l’urbanisation a souvent devancé la planification, Bandal n’est qu’un symptôme. Le vrai défi est ailleurs: comment sécuriser le réseau électrique national sans fabriquer des sans-abri. Le dialogue est ouvert.
Natine K.
