
Le décor est planté pour examiner le fond d’un dossier explosif. Le contentieux électoral qui oppose Patrice Rainier Mangenda à la Fédération congolaise de football association, devant le Tribunal arbitral du sport, pourrait connaître un tournant décisif. Et fragiliser, au-delà de la personne de Véron Mosengo-Omba, la régularité même du scrutin du 20 mai 2026. Au cœur de la procédure, un document: le procès-verbal de l’Assemblée générale extraordinaire de la FECOFA du 11 janvier 2025.
Selon une correspondance dont nous avons pris connaissance, ce procès-verbal avait été contesté avant même le scrutin. Le 28 avril 2026, plusieurs présidents de ligues provinciales ont saisi le président de la Commission électorale de la FECOFA.
Leur accusation est lourde. Ils affirment avoir reçu, par voie électronique et par l’intermédiaire de Harraz Ahmed de la FIFA, un procès-verbal qu’ils ne reconnaissent pas comme le reflet fidèle des décisions prises le 11 janvier 2025. Un document qui, selon eux, ne leur aurait été communiqué que trois jours après la clôture du dépôt des candidatures.
Dans leur lettre, les signataires soutiennent que les propositions d’amendement des Statuts avaient été rejetées lors de cette assemblée et que seuls les Statuts de 2022 demeuraient applicables. Ils affirment que l’article 37, qui fixe les critères d’éligibilité, n’a jamais été modifié. Ils qualifient le procès-verbal transmis de document ne correspondant pas aux résolutions adoptées et demandent l’ouverture d’une enquête interne. Si ces éléments sont avérés, l’enjeu devient central. Car c’est sur la base de ce procès-verbal contesté qu’aurait été appréciée la validité de certaines candidatures. Sa régularité pourrait devenir la pièce maîtresse du contentieux pendant devant le TAS.
Les présidents de ligues signataires pourraient d’ailleurs, si le Tribunal l’estime nécessaire, être appelés à éclairer les circonstances entourant l’assemblée du 11 janvier et la rédaction de son procès-verbal. Une question s’impose: pourquoi ces contestations, formulées avant le scrutin, n’ont-elles pas conduit la Commission électorale à clarifier définitivement la question des Statuts applicables? Si cette correspondance figure bien parmi les pièces versées au dossier, la défense de la FECOFA devra expliquer la chronologie, la base juridique retenue pour examiner les candidatures et la valeur accordée à un procès-verbal aujourd’hui mis en cause. Et ça risque de coincer à ce niveau. Le débat dépasse Patrice Rainier Mangenda et Véron Mosengo-Omba. Il pose une question de principe: sur quels Statuts et sur quelles décisions régulièrement adoptées le processus électoral du 20 mai 2026 a-t-il été organisé?
Il y va de l’histoire que le football congolais laissera aux générations futures. Une histoire tronquée ou une histoire vraie? La réponse du TAS sera déterminante.
Zéphyr KANINDA MUKANYA





