
Face à l’une des crises humanitaires les plus graves du continent, la ministre d’Etat chargée des Affaires sociales, Eve Bazaiba, a présenté, lundi, le bilan de sa première année au sein du gouvernement Suminwa II. Un exercice de redevabilité où elle a voulu afficher deux priorités: une réponse d’urgence déployée sur tout le territoire et une méthode fondée sur la transversalité ministérielle.
Sur le volet social, la ministre a mis en avant l’alphabétisation et l’éducation non formelle. Un nouveau manuel scolaire a été conçu, condensant les six années du primaire en trois étapes, destiné aux enfants déscolarisés et non scolarisés. Un programme numérique doit accompagner le dispositif. Autre chantier: les personnes du troisième âge, avec la réhabilitation de structures d’accueil et un accompagnement médical renforcé.
Mais le cœur de son bilan reste l’humanitaire. Dans un contexte marqué par les conflits armés dans l’Est et les catastrophes naturelles, ses équipes disent être intervenues dans treize provinces et dix-huit zones de crise: Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Tanganyika, Kongo Central, Haut-Uele, Sud-Ubangi, Tshopo, Mai-Ndombe. Abris, eau, assistance médicale d’urgence et biens de première nécessité ont été distribués.
L’action s’est étendue au-delà des frontières. Un protocole avec le HCR a permis une assistance aux réfugiés congolais au Burundi, en Tanzanie et en Ouganda. De nouvelles interventions sont annoncées à Bujumbura, Dar es-Salaam et Nyarugusu.
Fait notable, Bazaiba insiste sur l’origine des financements: ces opérations ont été menées «essentiellement grâce aux ressources mobilisées par le Gouvernement», via la Caisse de solidarité nationale et le Fonds national pour la promotion des services sociaux. Les partenaires comme l’UNICEF et l’UNESCO n’interviennent, selon elle, qu’en appui sur des programmes de résilience.
Le second message est politique. La ministre d’Etat théorise une «action gouvernementale fondée sur la transversalité». Elle explique s’appuyer sur les statistiques du ministère des Droits humains de Samuel Mbemba pour nourrir sa diplomatie humanitaire et signaler les violations. A l’inverse, les dossiers de familles vulnérables identifiés par le ministère du Genre de Micheline Omba lui sont orientés pour prise en charge.
Une synergie revendiquée par les trois ministères. Pour le ministère des Droits humains, les droits sont par essence «transversaux» et nécessitent une collaboration avec la justice et les forces de sécurité. Pour le Genre, cette coordination permet une meilleure prise en charge des enfants en rupture familiale et des victimes de violences.
Pour Eve Bazaiba, cette complémentarité incarne la vision du gouvernement: agir comme un ensemble cohérent. Elle conclut néanmoins par un rappel: près de 60% des besoins humanitaires en République Démocratique du Congo trouvent leur origine dans la guerre. Sans paix durable, dit-elle, la réponse restera insuffisante.


