
Depuis Assise, en Italie, le Cardinal RD-congolais Fridolin Ambongo recadre le pouvoir de Kinshasa. Intervenant lundi 26 octobre 2026 à une rencontre interreligieuse de Sant’Egidio, l’Archevêque de Kinshasa a appelé les autorités RD-congolaises à relancer le dialogue national sans exclusion. Pour lui, les préalables et les lignes rouges imposés par le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi tuent l’initiative dans l’œuf. Le prélat a regretté que les confessions religieuses qui avaient accepté de contribuer à cette démarche, se retrouvent confrontées à des conditions préalables et à des exclusions décidées d’avance. «Un dialogue qui exclut ceux avec qui l’on est en guerre, n’en est pas un: c’est un monologue», a-t-il déclaré, plaidant pour une approche inclusive susceptible de contribuer à la résolution de la crise sécuritaire dans l’Est du pays.
Pour le Cardinal Ambongo, la force militaire ne saurait, à elle seule, ramener la paix dans cette partie de la RD-Congo. Il a ainsi exhorté les dirigeants RD-congolais et ceux de la région des Grands Lacs à rouvrir la voie du dialogue sans exclusion. Le responsable de l’Église catholique en RD-Congo a également interpellé la Communauté internationale sur le commerce des minerais qui, selon lui, contribue à alimenter la guerre dans l’Est du pays. S’appuyant sur le message du Pape Léon XIV, le Cardinal a plaidé pour une paix «désarmée et désarmante, humble et persévérante». Il a appelé à combattre les discours de haine, la déshumanisation de l’adversaire et l’instrumentalisation de la religion pour justifier la violence.
«La force des armes produit des vainqueurs et des vaincus, des veuves et des orphelins. La force du dialogue produit des frères», a-t-il conclu. Cette prise de position intervient dans un contexte de recherche de solutions à la crise sécuritaire, alors que les modalités et les conditions de participation au dialogue national restent au cœur des discussions. Lors de sa dernière rencontre avec les députés de sa plateforme, l’Union sacrée de la nation, le Chef de l’État a annoncé la nomination, la semaine prochaine, des animateurs du dialogue national, les coordinations nationale et provinciale ainsi que les superviseurs de chaque province. Deux co-facilitateurs de l’Union africaine, un homme et une femme, appuieront les travaux.







