
La Belgique rappelle «immédiatement» son ambassadeur à Kinshasa pour des consultations et convoque l’ambassadeur de la RD-Congo pour exprimer ses «plus vives préoccupations» après la confirmation lundi 27 janvier 2025 de la condamnation à la peine de mort de Jean-Jacques Wondo, indiquent les Affaires étrangères.
«La Belgique a pris note du verdict concernant notre compatriote Jean-Jacques Wondo, avec une grande déception et une incompréhension totale, compte tenu de la grande faiblesse des éléments présentés durant les audiences et du manque manifeste de preuves crédibles. Cette condamnation à mort de notre compatriote ne peut être prise à la légère. Elle aura des conséquences pour nos relations bilatérales, que nous allons examiner», ajoutent les Affaires étrangères.
Dans un premier temps, la Belgique rappelle son ambassadeur basé à Kinshasa pour des consultations et convoque l’ambassadeur de la RD-Congo pour «exprimer ses plus vives préoccupations». L’état de santé de Wondo, jugé très préoccupant par les proches du Belge, reste un point d’attention majeur pour la diplomatie belge. «Nous continuerons à plaider avec les autorités pour qu’il puisse bénéficier des soins appropriés», indiquent les Affaires étrangères.
La Belgique reste en contact étroit avec la famille de Wondo
«Nous attendons la position de Wondo et de ses avocats, ainsi que l’éventuelle poursuite de la procédure. Nous restons en contact étroit avec la famille de M. Wondo», concluent les Affaires étrangères, non sans rappeler que «la Belgique a dénoncé à plusieurs reprises la levée du moratoire sur la peine de mort en République démocratique du Congo, en rappelant que la Belgique considère la peine de mort comme une atteinte au droit le plus fondamental: le droit à la vie». Jean-Jacques Wondo, citoyen belge, expert des questions militaires et directeur adjoint à l’Administration générale des maisons de justice, est incarcéré depuis huit mois à Kinshasa. Il était jugé en appel avec 37 personnes condamnées à mort en première instance pour la tentative de «coup d’État» survenue en mai à Kinshasa.
La FWB rappelle son Délégué général en RD-Congo
La Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé lundi 27 janvier de rappeler «immédiatement» à Bruxelles le Délégué général Wallonie-Bruxelles en RD-Congo, face à la condamnation à la peine de mort de Jean-Jacques Wondo, en concertation avec les Affaires étrangères.
La famille de Jean-Jacques Wondo abasourdie par sa nouvelle condamnation à mort
La famille et les proches de Jean-Jacques Wondo, condamné à la peine de mort par la Cour d’appel de Kinshasa plus tôt dans la journée, ont exprimé leur désarroi et leur stupéfaction lundi par voie de communiqué à la suite du jugement. «Nous poursuivrons notre combat tant que Jean-Jacques n’est pas libre», affirment-ils. «C’est avec une profonde déception et une énorme douleur que nous apprenons aujourd’hui la décision de la peine de mort en appel de Jean-Jacques Wondo», écrit la famille. Elle qualifie le jugement de «contraire à toutes les attentes».
«Cette décision bafoue non seulement la justice mais également les droits fondamentaux de Jean-Jacques», ajoute-elle. La famille et les proches affirment qu’ils ne comptent pas cesser leur combat. «Nous savons qu’il est innocent et nous mettons tout en œuvre pour le prouver», appuient-ils. Et de poursuivre: «cette injustice ne nous brisera pas, mais renforcera notre volonté de nous battre jusqu’au bout».
La famille demande aux autorités belges et européennes de ne pas abandonner Jean-Jacques Wondo aux mains de ses détracteurs. Elle demande «des actions concrètes et décisives au-delà des simples paroles» afin de faire pression pour sa libération. «La vie d’un ressortissant belge est en jeu», déplorent-ils. Enfin, ses proches s’adressent également directement à lui. «N’abandonne pas, nous sommes à tes côtés. Garde courage et espoir. Cette situation est horrible, mais tu n’es pas seul», assurent-ils.
Avec Vrt.be
