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Affaire Ministère public vs Kamerhe: voici les 3 protagonistes

Le procès Ministère  public contre Vital Kamerhe s’ouvre ce lundi 11 mai à Kinshasa. Trois hommes seront jugés dans cette affaire. Il s’agit de Vital Kamerhe, Directeur de cabines du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de Samih Jammal, commerçant et sujet libanais, et de Jeannot Muhima Ndoole, chargé du service Import-export à la Présidence de la République. Le Ministère public les poursuit pour détournement des deniers publics et blanchiment des capitaux.

Ce que le Parquet reproche à Kamerhe

Accusé principal dans cette affaire qui l’a conduit à la détention à la maison annexe de la Prison centrale de Makala à Kinshasa, Vital Kamerhe était d’abord poursuivi, selon les premiers faits évoqués par le Parquet en date du 08 avril 2020, pour avoir pris une part active dans le processus de passation des marchés pour les travaux de 100 premiers jours du Président Félix Tshisekedi, ayant abouti au détournement des fonds publics. Il s’est agi d’USD 370 millions pour la construction des maisons préfabriquées, des fonds pour la construction des sauts-de-mouton dans la capitale, l’affaire des médicaments périmés et autres. Du coup, les griefs pesant sur Vital Kamerhe ont évolué, au grand étonnement des observateurs. En date du 11 avril 2020, statuant en chambre de conseil sur la demande de mise en liberté provisoire de Vital Kamerhe, le Tribunal de paix de Kinshasa/Matete a, dans son ordonnance, a refusé d’accorder au Dircab de Fatshi la liberté provisoire, évoquant plusieurs indices de culpabilité à sa charge, mais aussi pour la simple raison de ne pas entraver le déroulement normal de l’instruction. Prenant la parole, durant cette séance, pour présenter «l’inculpé», le Ministère public représenté par l’avocat général Sylvain Kaluila Muana, a souligné que le Parquet reproche à Kamerhe le fait d’avoir à Kinshasa, en tant que Directeur de cabinet du Chef de l’État et superviseur des travaux du Programme d’urgence de 100 jours, détourné des fonds de l’État en passant par le mécanisme d’attribution des marchés publics de gré à gré à des entreprises fictives. A titre illustratif, le Parquet a cité Samibo, cette entreprise qui a reçu la somme d’USD 47 millions via la Rawbank, laquelle somme d’argent a disparu du circuit bancaire sans être affectée à la construction des 3000 maisons préfabriquées. Aussi, évoluant dans la quincaillerie selon le Parquet, l’entreprise Trade Plus qui a paradoxalement bénéficié de la somme d’USD 10 millions pour la fourniture des médicaments, a ramené à Kinshasa des produits pharmaceutiques impropres à la consommation, du fait qu’ils ont atteint la date de péremption pour la grande partie. Ces accusations ont cependant évolué. Dans sa requête aux fins de fixation d’audience adressée au Président du Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe, le Procureur général Adler Kisula Betika rapporte d’autres faits à charge de Vital Kamerhe. D’abord, cette fois, le Directeur de cabinet du Chef de l’État est accusé d’avoir détourné à Kinshasa, entre les mois de mars 2019 et janvier 2020 par coopération directe avec le Libanais Samih Jammal, la somme d’USD 48.831.148 payée à la société Samibo SARL pour la construction de 1500 maisons préfabriquées dans le cadre du projet des logements sociaux, au profit de cinq provinces du pays. Ensuite, selon le Parquet, entre août et septembre 2019, Vital Kamerhe et Samih Jammal ont détourné une somme d’USD 2.137.500 payée à la société Husmal SARL pour la construction de 3000 maisons préfabriquées pour les policiers et militaires de la ville de Kinshasa. L’homme d’affaires libanais Jammal est également poursuivi pour blanchiment des capitaux, en transférant une partie de la somme détournée au Liban par des canaux informels et non bancaires. Des faits de corruption de fonctionnaire pèsent encore sur lui. Selon le Parquet, le 23 janvier 2019, il a octroyé, indirectement par l’intermédiaire de Soraya Mpiana, à Vital Kamerhe, une partie de sa Concession mesurant 50,00 mètres x 100,00 mètres située sur la baie de Ngaliema au Quartier Basoko, dans la commune de Ngaliema à Kinshasa, en vue de gagner au nom des Sociétés Samibo SARL et Husmal SARL les marchés publics de construction de 1500 et 3.000 maisons préfabriquées évoquées ci-haut, en violation de la procédure  d’appels d’offres et des seuils fixés par la législation en matière de passation des marchés par voie de gré à gré. Quant à Jeannot Muhima, il va comparaitre ce lundi pour détournement avec Vital Kamerhe, d’une somme d’USD 1.154.800 destinée au dédouanement des containers des maisons préfabriquées. 

Olitho KAHUNGU

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