Evolution des prix sur le marché, approvisionnement du pays, petit commerce : Acacia Bandubola rassure les députés

Pour la deuxième fois, au cours de cette semaine, la ministre de l’Economie nationale, Acacia Bandubola, était en audition à la Commission Suivi et évaluation des lois, des résolutions, des recommandations et des politiques publiques de l’Assemblée nationale. Jeudi 26 mai 2020, elle répondait aux préoccupations soulevées par les députés membres de cette commission lors du débat organisé lundi dernier au sujet de la situation économique du pays en cette période de Covid-19. Face aux questions parfois transversales, Acacia Bandubola a, d’entrée de jeu, donné quelques précisions de taille en vue de permettre aux députés de bien cerner sa responsabilité en tant que ministre de l’Economie nationale. «La coordination des actions économiques du gouvernement comprenant les politiques économique, budgétaire et monétaire relève de la compétence du Premier ministre. Il en découle que chaque ministre est responsable de son secteur. En ce qui me concerne, j’ai la responsabilité des prix des biens et services y compris les produits stratégiques et l’approvisionnement de la République», a-t-il souligné. Les questions qui relèvent de la compétence de l’Economie nationale, a-t-elle expliqué, concernent l’évolution des prix sur les marchés, la suspension de la TVA, l’exercice du petit commerce, l’approvisionnement du pays, l’appui à l’économie nationale, la structure des prix des produits pétroliers, la situation des prix des produits pharmaceutiques, la suppression des taxes, des prélèvements illégaux et des barrières ainsi que la multiplicité des contrôles et tracasseries. S’agissant de l’évolution des prix sur les marchés, la ministre de l’Economie nationale a condamné le circuit de distribution RD-congolais où très peu de gens s’approvisionnent auprès des grossistes mais auprès des détaillants qui ajoutent leurs marges ainsi que d’autres frais connexes. La ministre Bandubola a également relevé la diversité des marchés caractérisant la ville de Kinshasa par ses points d’approvisionnement en produits agricoles. A titre illustratif, elle a démontré que les produits champêtres n’ont pas les mêmes prix sur les marchés de Matadi Kibala, de l’UPN ou de Gambela suivant les sources d’approvisionnement. «L’écho, en son temps, d’un confinement total de la ville de Kinshasa avait entraîné une hausse spéculative grave des prix sur les marchés. Devant de tels phénomènes, le retour à la normale est toujours lent. Mais mon ministère s’active à inverser cette tendance à travers des missions de surveillance des prix à Kinshasa et à l’intérieur du pays», a précisé la ministre Acacia Bandubola. Au sujet du petit commerce, elle n’a pas manqué de relever les difficultés rencontrées pour la mise en œuvre des dispositions légales et règlementaires relatives à l’exclusivité de l’exercice de cette activité par les nationaux. A la question sur l’approvisionnement du pays, a-t-elle signalé, le gouvernement a apporté son appui logistique et financier, remboursable bien entendu, à l’ONG Codidis spécialisée dans le ramassage des produits agricoles au Kongo central en vue d’intensifier l’approvisionnement de Kinshasa. «Ce programme d’urgence alimentaire est aussi en cours en province notamment dans le Grand Kasaï avec la société Malila Nzenze. L’ONG Codidis va bientôt utiliser des barges pour récupérer les produits agricoles du Grand Equateur, de la Tshopo et du Kasaï», a rassuré la ministre de l’Economie. Quant à la multiplicité des contrôles et tracasseries, Acacia Bandubola a été très claire. «La multiplicité des contrôles et tracasseries ne peut pas avoir lieu car le gouvernement a suspendu tous les contrôles», a-t-elle affirmé avant de rassurer que le ministère de l’Economie n’a accordé aucun monopole sur la vente de sucre à l’Est du pays. «Que les opérateurs économiques de Goma qui importent à partir de l’Ituri déclarent leurs marchandises au niveau de la même province en régime de transit étant donné qu’ils sont obligés de prendre la voie de l’Ouganda et Rwanda pour entrer à Goma», a souligné la ministre Bandubola. Dans ses réponses, la ministre a aussi, malgré elle, abordé des questions des députés qui ne relèvent pas directement du ministère de l’Economie nationale. Il s’agit des questions relatives à la dégradation actuelle du taux de change, au respect de nombre des services autorisés dans les postes frontaliers, à la hauteur de la dette publique, à l’exonération accordée à certains opérateurs économiques et à la stimulation de la production intérieure ainsi qu’à la gratuité de la fourniture de l’eau et de l’électricité aux ménages, aux hôpitaux et aux petites et moyennes entreprises. «La dégradation actuelle du taux de change constitue une préoccupation du gouvernement dans son ensemble», a martelé la ministre de l’Economie nationale.

Dorian KISIMBA