
Après une première année à la tête du ministère de l’Economie numérique, Augustin Kibassa Maliba a récemment présenté le bilan d’un secteur qu’il veut faire passer de l’éparpillement à la cohérence. Le maître-mot: poser les fondations. Première étape, le cadre. Politique sectorielle, renforcement institutionnel et réglementaire, stratégie nationale pour l’intelligence artificielle et pour les données: le ministre dit avoir voulu d’abord mettre de l’ordre dans les normes avant de multiplier les projets. L’enjeu affiché est celui de la souveraineté, avec la protection et l’hébergement des données au cœur du dispositif.
C’est dans cette logique que s’inscrit le «RDC Pass», présenté comme la future clé unique d’accès aux services publics numériques. Une clé d’identification et d’authentification sécurisée qui doit permettre à chaque citoyen de s’authentifier auprès de l’administration. Le processus de sélection a attiré 9 625 candidatures pour 50 jeunes retenus dans une première cohorte. Le gouvernement promet 10 000 kits déployés à terme sur l’ensemble du territoire, avec les premiers accès dès octobre 2026.
Autre pilier, le Guichet numérique. Institué par décret de la Première ministre, il a vocation à devenir le point d’entrée unique vers les services de l’Etat. Chaque ministère reste maître de ses plateformes, précise Augustin Kibassa, le ministère de l’Economie numérique n’intervenant que comme régulateur des standards et garant de l’interopérabilité. L’idée d’un cloud souverain est évoquée comme horizon.
Le tableau ne serait pas complet sans la cybersécurité. Le ministre reconnaît que la République Démocratique du Congo «fait déjà face à des cyberattaques». Pour y répondre, l’architecture se met en place: Agence nationale de certification électronique, Centre national de cybersécurité déjà opérationnel sur certains incidents, et désormais une Agence nationale de cybersécurité créée par ordonnance présidentielle. Reste l’appropriation. Le Code du numérique, adopté mais peu connu, fait l’objet d’une campagne de vulgarisation avec le PNUD et 2 000 volontaires mobilisés, y compris auprès des magistrats.
Dernier axe, les compétences. Le ministère évoque des formations avancées en ingénierie numérique, intelligence artificielle, robotique et cybersécurité, ainsi que la création d’une Académie numérique à vocation régionale et un appui aux startups et PME du secteur. Comme l’a résumé le ministre: «L’Economie numérique utilise les infrastructures télécoms pour développer les services et l’interconnexion des plateformes publiques».




