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A la CIME, Kamerhe appelle l’Opposition à la sagesse

La Commission d’intégrité et médiation électorales -CIME- a débuté lundi 13 août 2018 les pré-consultations en prélude du Forum national sur la paix et la réconciliation parrainé par la Conférence des églises de toute l’Afrique -CETA-  qui se tiendra avant les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales du 23 décembre prochain. Premier à ouvrir le bal, l’opposant Vital Kamerhe, président national de l’Union pour la nation congolaise -UNC- et candidat à la présidence de la République. Pendant près de deux heures, cet opposant, troisième à l’élection présidentielle de 2011, a échangé avec les chefs des confessions religieuses sur le processus électoral et la situation politique de l’heure. Prudent et faisant preuve de maturité, Kamerhe a salué la désignation d’un dauphin par le Chef de l’Etat et a invité ses collègues de l’Opposition à la sagesse afin d’éviter de frustrer Joseph Kabila qui jusque-là encore Président de la République. «Si dans notre pays, nous pouvons avoir pour la première fois un premier ex-Président de la République, en vie, qui peut circuler dans le pays librement, nous devons l’encourager dans cette logique de déverrouiller ce processus électoral jusqu’au bout. Mais si nous répétons les erreurs de 1990, je le dis tout à fait librement parce que j’étais de l’USORAL en ce moment là quand Mobutu prenait congé du MPR, nous de l’Opposition, nous sommes entrés dans l’euphorie, le Maréchal Mobutu a fait marche arrière. Donc, ne répétons pas les erreurs de l’histoire», a-t-il martelé.
 
Le 23 décembre 2018, les RD-Congolais iront, selon le calendrier électoral, pour la troisième fois aux urnes. Dans ce pays où la population est majoritairement chrétienne, beaucoup croient que le chiffre trois est celui de l’accomplissement. Les signaux sont rassurants. Le 8 août, alors que même dans sa famille politique, le Front commun pour le Congo -FCC-, personne ne s’y attendait, le Président de la République Joseph Kabila a confirmé sa volonté de ne pas postuler en désignant Emmanuel Ramazani Shadary comme dauphin. Et en un instant, les RD-Congolais se trouvent à deux doigts d’assister à un événement unique de leur histoire: le passage pacifique de pouvoir entre le Président de la République sortant et le Président élu. Cependant, afin que ces élections soient effectivement une fête et un germe de nouveaux conflits, les chefs des confessions religieuses travaillent à offrir à la RD-Congo un processus apaisé avant, pendant et après les élections.
Dans le cadre des consultations précédant le Forum national sur la paix et la réconciliation, dont le but ultime est de baliser le chemin à la paix et d’obtenir un engagement solennel des acteurs politiques et sociaux pour la préservation de cette paix, les bonzes ont eu un échange encourageant avec Vital Kamerhe. Ce dernier a beaucoup apprécié la démarche de la CIME. Aussi, a-t-il salué la décision, qu’il a qualifié de courageuse, du Président de la République de respecter l’article 70, de ne pas se représenter.
Qu’à cela ne tienne, Kamerhe a confié à la CIME quelques questions susceptibles de plomber le processus électoral. «Nous avons évoqué la question de la machine à voter qu’il faut examiner avec beaucoup de sagesse et d’intelligence pour trouver un consensus entre la Commission électorale nationale indépendante -CENI-, qui organise les élections, et les parties prenantes au processus électoral. Nous avons relevé la question du financement des élections. Nous devons nous rassurer tous qu’il y a des moyens qui seront mis à la disposition de la CENI pour qu’elle ne soit pas bloquée à un moment donné», a-t-il renseigné. Puis: «Nous avons parlé du fichier électoral, selon la CENI, c’est 6 millions. Mais, selon nous, l’Opposition, c’est 10 millions des personnes sans empreintes digitales. Est-ce qu’il faut les élaguer? Est-ce qu’il faut faire un contrôle citoyen? Est-ce qu’il faut trouver une autre procédure pour rassurer tout le monde qu’il ne s’agit pas de fantômes ou de gens qui viennent déjà gonfler le fichier? Puisqu’en le faisant, quelqu’un déjà avec 15%  peut gagner les élections à un tour». Puis encore: «Nous avons aussi soulevé la question de l’insécurité. Nous devons absolument être sûrs que pendant cette période jusqu’à la tenue des élections, il n’y aura pas regain des tensions à l’Est et au Centre du pays, en même temps il y aura un dispositif pour la sécurisation de tout le processus électoral».
Et le président de l’UNC de souligner l’importance du Forum: «il faut absolument qu’il y ait des rencontres pour la paix et la réconciliation dans notre pays. Puisque depuis Sun City jusqu’à aujourd’hui, s’il y a quelque chose que nous n’avons pas encore fait, c’est que nous ayons un grand forum pour la paix et la réconciliation entre nous, acteurs politiques RD-congolais et Société civile».
Plaidoyer pour les prisonniers politiques et d’opinion
Pour Kamerhe, ils sont engagés «dans un processus de l’unité de l’Opposition, mais également dans un processus de rassurer tout le monde qu’il ne s’agira pas de la vengeance mais de l’alternance». «Il ne s’agira pas non plus de faire la chasse à la sorcière mais de rassurer tout le monde que ce pays nous appartient à tous et que nous venons en tant qu’Opposition avec un projet de gouvernance autre que ce que nous avons connu jusqu’à ce jour. Le seul juge reste le peuple RD-congolais qui va donner ses voix à tout le monde», a-t-il argué. Ce n’est pas tout. Et d’ajouter: «que celui qui gagne, ne gagne pas tout, et que celui qui perd, ne perd pas tout. Et nous devons nous donner des assurances mutuelles». L’occasion faisant le larron, Vital Kamerhe a fait part aux religieux de «l’indignation de l’Opposition face au traitement dont Moïse Katumbi a été l’objet à Kasumbalesa». «Parce qu’un prisonnier recherché mais qui rentre et vous l’empêchez d’entrer c’est tout à fait inacceptable», a-t-il fait remarquer avant de poursuivre: «nous avons aussi évoqué plusieurs questions des prisonniers politiques et d’opinion. Nous disons les Confessions religieuses peuvent plaider pour Diomi, pour Muyambo, pour Franck Diongo, pour Firmin Yangambi, pour tous les autres,… qui croupissent en prison». A en croire le président de l’UNC, si Joseph Kabila va jusqu’au bout de sa logique, la RD-Congo gagnerait et lui-même gagnerait aussi. Après Vital Kamerhe, la CIME a reçu le mardi 14 août 2018, une délégation de l’Eglise Liloba na Nzambe conduite par «Sa grandeur», Prophète Khonde Mpolo, son chef spirituel; et celle de la confession religieuse des Eglises indépendantes conduite par Monseigneur Fumumapanda.
Christian BUTSILA 

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