
«Votre dignité ne sera jamais négociée». C’est par cette promesse que Félix Tshisekedi a ouvert la 4e commémoration de la Journée nationale du Génocost. Face aux survivants et aux familles, le président a fait du devoir de mémoire le cœur de l’action de l’État. Instituée il y a quatre ans par le gouvernement, cette journée est devenue le rendez-vous de la mémoire nationale. Un moment pour nommer l’innommable: les massacres de masse, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les violences systématiques qui saignent l’Est de la République Démocratique du Congo depuis près de trente ans.
Des millions de visages. Des millions d’histoires interrompues. C’est à eux que le président s’est adressé. Devant les survivants, les familles éprouvées et les corps diplomatiques, le chef de l’État a prononcé une adresse solennelle. «Aux victimes d’hier et d’aujourd’hui, aux survivants, aux familles éprouvées et aux communautés meurtries, j’adresse, au nom de la Nation, cet engagement solennel: votre souffrance ne sera jamais reléguée à l’oubli», a-t-il déclaré, la voix ferme.
Pour Félix Tshisekedi, il ne s’agit plus seulement de se recueillir. Il faut bâtir. «Le devoir de mémoire ne saurait se réduire à une simple invocation. Il doit prendre corps dans l’action publique: des institutions solides, une législation adaptée, des réparations effectives, une recherche indépendante». Et d’ajouter, regard tourné vers la communauté internationale: «Votre droit à la vérité, à la justice, à la réparation et à la sécurité sera défendu. Votre dignité ne sera jamais négociée».
Mémoire et combat diplomatique
Au-delà du recueillement, le Génocost est devenu une arme diplomatique. Kinshasa veut faire reconnaître internationalement les crimes commis sur son sol et briser «l’économie de guerre»qui finance les groupes armés à l’Est.
Dans son discours, le président a lié mémoire et avenir. Paix et justice. «Je réaffirme solennellement l’attachement indéfectible de la RD-Congo à une paix juste, durable et vérifiable, fondée sur le respect du droit international, de la dignité humaine, de la souveraineté des États et de l’intégrité territoriale». Une promesse. Celle qu’un jour, la mémoire des victimes ne sera plus une plaie ouverte, mais le fondement d’un Congo réconcilié. Car, comme l’a rappelé le président: la paix durable ne se bâtit ni sans vérité, ni sans justice, ni sans réparation.



