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1,2 million de vies fauchées, 4.000 déjà indemnisées: le FONAREV dresse le bilan macabre du GÉNOCOST

Quatre ans après sa création, la journée nationale du Génocide congolais pour des gains économiques, le GÉNOCOST, a pris une dimension plus solennelle. Devant le président Félix Tshisekedi et la première ministre Judith Suminwa, le directeur général du FONAREV, Patrick Fata, a réaffirmé vendredi à Kinshasa l’engagement de l’État envers les victimes et appelé à dépasser la commémoration.

«Maintenant que tu sais, que fais-tu ?»

C’est sur ce thème que s’est tenue la 4e édition devant des officiels, des diplomates, la société civile et surtout des rescapés. Dans son discours, Patrick Fata a rendu hommage aux «millions de Congolais tués, déplacés ou meurtris par plus de trois décennies de violences»dans l’Est du pays.

Le DG du Fonds national des réparations des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité -FONAREV- a tenu à rappeler que la tragédie continue. En écho à un drame survenu il y a quelques semaines à Goma, où des dizaines de jeunes ont été tués alors qu’ils célébraient une victoire des Léopards:

«Ils ne tenaient ni arme, ni uniforme. Ils ne tenaient entre leurs mains que cette joie simple et universelle qu’offre une victoire sportive. Même cette joie leur a été arrachée».

Des preuves «qui ne peuvent plus être ignorées»

Patrick Fata a martelé: «Les rapports existent. Les témoignages existent. Les fosses communes existent. Les survivants existent. Les déplacés existent. Les preuves existent».
Reprenant une idée déjà défendue par Félix Tshisekedi, il a estimé qu’on ne peut pas se mobiliser pour les forêts et rester indifférent au sort des vies humaines.

1,2 million de victimes enregistrées

Sur le volet concret, le patron du FONAREV a dressé le bilan. Plus de 1,2 million de victimes potentielles ont été enregistrées sur tout le territoire. 4 000 d’entre elles ont été homologuées par la justice et intégrées à la liste unique pour bénéficier des réparations administratives.

Concrètement, elles accèdent aux soins médicaux spécialisés, à l’accompagnement psychosocial, à la réinsertion économique et à l’indemnisation. Le FONAREV finance aussi des chirurgies réparatrices, soutient les déplacés et prépare les premières réparations collectives dans les zones les plus touchées.

«Réparer ne signifie ni effacer le passé ni attribuer une valeur financière à une vie humaine», a insisté Patrick Fata. Pour lui, le slogan présidentiel «Plus jamais vous ne serez seules» reste la boussole.

En s’adressant directement aux victimes, il a conclu: «Le Congo vous voit. Le Congo vous entend. Le Congo ne vous abandonnera pas. Tant qu’il restera une victime sans justice, une famille sans réponse ou une communauté sans réparation, notre travail ne sera pas terminé».

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