Edouard Gatembo invite la population à s’approprier l’Opération «Kin bopeto»

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Pour sortir la commune de Kimbanseke du joug de l’insalubrité, le bourgmestre Edouard Gatembo pense d’abord au changement des mentalités de ses administrés. Ensuite, il estime que l’urgence repose également sur l’appropriation de cette opération par les habitants de cette municipalité la plus peuplée du district de la Tshangu. En marge de l’Opération Kin bopeto» initiée par le gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila, le patron de la commune de Kimbaseke ne cesse de mobiliser ses administrés pour la réussite de ce chantier jugé salutaire pour la santé de l’ensemble des Kinois. Dans une interview à chaud accordée à «AfricaNews», le Professeur Edouard Gatembo, bourgmestre de Kimbaseke, propose que chaque habitant fasse de Kin bopeto son mode de vie pour aboutir à un véritable assainissement de la commune. Interview.

Quels sont les travaux déjà réalisés dans le cadre de l’Opération Kin bopeto?

Merci pour la question. D’abord, nous avions informé et sensibilisé la population surtout au niveau de la Place Pascal sur la décision du gouverneur, celle de cesser de vendre le long du boulevard Lumumba afin qu’il soit très propre. «Kin bopeto» c’est la propreté de l’environnement de Kinshasa. Ce projet, je l’ai déjà débuté en 2008 avec le nettoyage du boulevard Lumumba dans son tronçon allant de la maison communale à la Place Pascal. Et nous interdisons la vente des produits le long du boulevard pour deux raisons fondamentales: la première est que tout ce qui se vend sur les emprises publiques n’est pas propre à la consommation surtout qu’ils sont étalés à même le sol. La deuxième se rapporte aux accidents de circulation routière. Mon vœu est de n’enregistrer aucun mort dans ma commune, mais je veux voir la population travailler et être en bonne santé. Depuis 2008, je ne fait qu’interpeller  la population sur cette question. Quand le gouverneur a lancé son programme, nous avions déployé les agents de la Police pour chasser tous ceux qui vendent près du boulevard Lumumba et la population était très contente du résultat qui, malheureusement, était éphémère. Je prends l’exemple du quartier Pascal où il y a un marché dénommé Swambanza. Nous leur avons demandé d’aller s’installer pour y vendre bien que ce soit un marché de la rue mais qui va jusqu’au fond.  Et j’ai demandé à l’administrateur de préparer les places pour recevoir tous ces vendeurs informels de la Place Pascal et s’était fait. Nous sommes allés même avec la presse qui a vu qu’effectivement le travail avait été fait. Nous avons même détruit le kiosque Songa Nzila parce qu’il encombrait l’espace. Ce qui fait que le travail a été bien fait à notre niveau. Néanmoins, au niveau de la population, il a été boycotté avec l’appui des propriétaires des établissements se trouvant non loin du boulevard. C’est ainsi que nous avons commencé les travaux malgré l’entêtement de la population qui finira par quitter parce que désormais nous allons aligner les policiers et les Croix rouge le long du boulevard, surtout dans des endroits stratégiques comme Pascal, Quartier 3,  l’Agence PMU…

Vos actions sont plus présentes dans les quartiers longeant le boulevard Lumumba qu’à l’intérieur de la commune. Pourquoi?

J’ai élaboré une stratégie consistant à aller, dans des quartiers, dialoguer avec la population, les chefs des rues et des quartiers sur des actions à mener dans le cadre de l’Opération Kin Bopeto de manière à donner un exemple pédagogique. Mais, la seule difficulté est que la commune est très vaste et elle a une grande population. C’est naturellement la commune la plus peuplée de la République. Il y a plus au moins quatre millions d’habitants qui produisent des immondices. Et nous devons nous-mêmes les enlever. Le travail est de taille mais avec une bonne organisation nous y arriverons.

Le gouverneur a mis à la disposition de chaque commune une somme de 17 milllions de FC. Comment l’avez-vous utilisée?

Avec cet argent, nous avons acheté les matériels d’assainissement, nous payons aussi les travailleurs parce que le gouverneur nous a demandés d’augmenter le nombre d’agents de la brigade d’assainissement. Au départ, nous avions 20 agents et, maintenant, nous en avons 60. Le problème se pose pour l’évacuation des immondices. Sinon, cet argent a été bel et bien utilisé pour les travaux d’assainissement. Je dis souvent à la population que l’assainissement demande beaucoup d’argent même le gouverneur l’a reconnu et il a dit que nous travaillons avec les moyens de bords et qu’avec le temps nous allons voir comment nous équiper pour que les choses marchent correctement. Alors, je demande à la population de travailler comme dans nos villages. Là-bas, chaque parcelle a ses matériels d’assainissement. Et, ici, chacun de nous doit avoir ne fut-ce qu’un ballet, car l’arrêté d’assainissement demande que nous nettoyons nos parcelles. Le devoir de la commune est de donner d’autres solutions surtout pour les immondices et les endroits où il faut les jeter.

Quel est le moyen utilisé par la population jusque-là pour évacuer les immondices?

Il y a des évacuateurs des immondices appelés pousse-pousseurs qui passent dans des maisons pour les récupérer. Après cette opération, ils reçoivent une somme de 1000 Fc et j’ai encouragé cette initiative. Je suggère que nous achetions des pousses-pousses plutôt que des brouettes parce qu’ils sont plus adaptés pour ce travail. C’est ainsi que nous avons demandé à nos artisans de nous fabriquer des pousses-pousses et ils nous ont envoyés un état de besoin pour cette demande. C’est ce qui fait que quand nous allons procéder à l’achat des matériels, nous achèterons ceux qui sont adaptés aux réalités de Kimbanseke surtout qu’ils relèvent du choix de notre Brigade d’assainissement. Notre grande difficulté est que nous n’avons pas des véhicules pour évacuer ces déchets. Nous nous arrangeons avec les motocyclistes à qui nous donnons du carburant pour qu’ils les évacuent. Mais, malheureusement, ils n’arrivent pas à tout enlever. Il nous faut beaucoup de matériels parce que la commune est très vaste. Voyez-vous nous avons quatre artères principales par rapport aux autres communes urbanisées surtout que la nôtre ne l’est pas. C’est là l’enjeu pour lequel j’ai invité tout le monde y compris les ONG, les églises, etc. Le comble est qu’à Kimbanseke, il n’y a aucune ONG spécialisée dans l’assainissement comme c’est le cas ailleurs.

Kimbanseke a plus de 40 quartiers. Mais le bourgmestre s’adonne plus aux  quartiers proches de la maison communale. Qu’en dites-vous?

Je suis bourgmestre de tous ces quartiers mais dans l’organisation, nous avons un responsable des quartiers ainsi qu’un coordonateur des quartiers qui habite Mokali où nous sommes entrain de construire une maison. Non. Nous nous intéressons à tous les quartiers. Je fais plus de sorties à l’intérieur de la commune que dans le quartier Kingasani. Que ce soit avec la Vision mondiale ou la Chambre de métiers avec qui nous faisons beaucoup d’activés. Le bourgmestre n’est pas Dieu pour être visible partout au même moment mais il arrive là où il peut. Maintenant que nous avons un véhicule, nous faisons des descentes sur terrain chaque mois avec les chefs des quartiers. Et nous avertissons la population que nous allons faire une descente pour parler aussi avec elle. Donc si vous avez besoin de communiquer avec moi concernant un sujet donné, le mieux serait de passer au bureau que de m’attendre venir dans vos maisons. Je lance un appel à la population pour mettre en pratique les instructions du gouverneur sur l’Opération «Kin Bobeto» afin de rendre salubre notre commune.   Propos recueillis par Sandra KAMBOMBA

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