
La ville de Conakry s’apprête à vibrer au rythme du livre et du savoir. Du 6 au 10 avril 2026, la capitale guinéenne accueillera la sixième édition du Salon de la lecture -SALEC-, un rendez-vous culturel désormais incontournable qui entend, cette année, tisser un pont audacieux entre la lecture et le développement agricole.
À quelques semaines de l’ouverture officielle, le Comité d’organisation multiplie les réunions stratégiques et affine les derniers réglages. Portée par sa coordinatrice générale, Kadiatou Kaba, l’équipe affiche une ambition claire, celle de consolider les acquis de précédentes éditions tout en élargissant l’impact social et éducatif de l’événement.
Lancé il y a cinq ans, le SALEC s’est imposé comme un cadre de promotion de la lecture, de l’excellence et du mérite en milieu scolaire et universitaire. À l’origine, un constat alarmant : l’absence ou l’insuffisance de bibliothèques dans de nombreux établissements guinéens, freinant l’accès au livre et l’émergence d’une véritable culture de la lecture chez les jeunes.
Lire pour cultiver l’avenir
Placée sous le thème évocateur «Lire la terre, semer le savoir : quand la lecture cultive l’agriculture», l’édition 2026 ambitionne d’inscrire la lecture au cœur des enjeux de développement. À travers cette thématique, les organisateurs souhaitent démontrer que l’accès au savoir constitue un levier essentiel pour moderniser l’agriculture, renforcer les compétences techniques des jeunes et soutenir la dynamique de refondation nationale.
Expositions d’ouvrages, panels thématiques, rencontres avec des auteurs, concours de lecture et ateliers de formation rythmeront ces cinq jours d’activités. Un accent particulier sera mis sur le renforcement des capacités des élèves et étudiants, notamment en lecture analytique et en restitution, afin de faire du livre un outil d’autonomisation intellectuelle et professionnelle.
Le Comité d’organisation souligne d’ailleurs l’intérêt croissant suscité par le salon, tant au niveau national qu’international. Écoles, universités, maisons d’édition et acteurs du secteur du livre confirment progressivement leur participation, témoignant de la montée en puissance de l’événement dans le paysage culturel ouest-africain.
Un engagement constant malgré les défis
Si l’enthousiasme est palpable, les défis logistiques et financiers demeurent réels. Le SALEC reste une initiative privée qui repose largement sur la détermination de son équipe et le soutien de partenaires. Conscient de ces enjeux, le Comité d’organisation a engagé une série de démarches institutionnelles afin de garantir une édition à la hauteur des attentes. C’est dans ce cadre que la délégation du SALEC a été reçue, le 20 février dernier, par le ministre guinéen de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla.

Cette audience a permis de présenter les ambitions de l’édition 2026 et de solliciter un appui technique et institutionnel pour consolider l’impact du salon. Le ministre a salué la constance et le professionnalisme des organisateurs, estimant que le SALEC contribue au rayonnement culturel de la Guinée. Par ailleurs, il a réaffirmé la disponibilité de son département à accompagner l’initiative, notamment à travers des mécanismes d’appui et un suivi institutionnel adapté.
À l’approche du mois d’avril, le message est clair : au-delà d’un simple salon, le SALEC 2026 se veut un creuset où le livre devient semence, et la lecture, un champ fertile pour cultiver l’avenir agricole et intellectuel de la Guinée.
