
La route nationale n°1 reliant Lubumbashi à Kasumbalesa a de nouveau été le théâtre d’un drame lundi 10 novembre. Sous une pluie battante, un minibus transportant des passagers est entré en collision avec une voiture de marque Wish, près du village de Moka, à une quarantaine de kilomètres de Lubumbashi. Le bilan est lourd: onze morts, dont dix sur le coup, et plusieurs blessés graves. Selon les premiers éléments recueillis par la Commission nationale de prévention routière -CNPR-, les conditions climatiques défavorables et la vitesse excessive seraient à l’origine du drame.
«La chaussée était extrêmement glissante, la visibilité très réduite, mais les conducteurs continuaient à rouler vite», explique Christophe Liya, responsable technique de la CNPR. Sur place, les traces de freinage s’étendent sur plusieurs mètres, témoignage d’un choc brutal et inévitable. Parmi les témoins, certains peinent encore à réaliser. «On ne voyait presque rien à cause de la pluie. J’ai entendu un grand bruit, puis j’ai vu des débris partout», raconte Jean-Marc, un motocycliste de passage qui a assisté à la scène.
Un autre témoin, Marie-Louise, vendeuse au bord de la route, confie: «Les secours sont venus rapidement, mais pour beaucoup, c’était déjà trop tard. C’était horrible à voir». Les victimes ont été transportées vers l’hôpital Gécamines Sud et la morgue de Kipushi. Ce nouvel accident met une fois de plus en lumière les dangers de la nationale n°1, un axe vital mais meurtrier entre Lubumbashi et Kasumbalesa, où le trafic de camions et de minibus est constant. En août dernier, onze personnes avaient déjà perdu la vie sur le même tronçon.
«Tant qu’on ne fera pas respecter la vitesse et les règles de conduite sous la pluie, ces drames se répéteront», déplore un chauffeur de bus régulier sur cette route. Les autorités provinciales promettent un renforcement des contrôles et des campagnes de sensibilisation à la sécurité routière, surtout en cette saison des pluies. «Nous appelons les conducteurs à la prudence et à la responsabilité», a déclaré un représentant du gouvernement provincial. En attendant, les familles endeuillées pleurent leurs proches, victimes d’un mélange fatal de pluie, de vitesse et d’imprudence.
Siméon TUENDELE