Société

Dr Tusuku: «l’allaitement maternel est nécessaire pour la croissance de l’enfant» 

Chaque année, à travers le monde, la semaine de l’allaitement se déroule selon l’agenda du pays. En RD-Congo, le ministère de la Santé publique fixera sa semaine très prochainement. La semaine mondiale fixée à cette occasion s’étend du 1er au 7 aout sous le thème: «L’allaitement maternel, une clé pour le développement durable». Se confiant à «AfricaNews», le Docteur Tusuku Noti Toussaint, chef de division des interventions du Programme national de nutrition -PRONANUT-, structure du ministère de la Santé publique, planche sur les bienfaits de l’allaitement maternel par rapport à l’enfant, la mère, la famille et la communauté.
Selon le Dr Tusuku, l’allaitement maternel est un aliment complet, équilibré et adapté. «Pour l’enfant qui a été allaité de façon correcte, il sera doué, très éveillé. Cela lui permet d’acquérir le potentiel humain dont il aura besoin», explique-t-il. Et de souligner: «plus nous sensibilisons les mères à l’allaitement maternel, plus les enfants seront de moins en moins malades. Ils pourront reconstituer leurs corps pour devenir plus tard des éléments utiles à la nation». Il évoque les bienfaits de l’allaitement maternel par rapport à l’enfant, la mère, la famille et la communauté. Ici, le Dr. Tusuku affirme que le lait maternel est un sauveur d’enfant, car il apporte au nourrisson tout ce qu’il lui faut comme nutriments, calories de façon équilibrée. C’est l’aliment par excellence pour l’enfant. Il souligne aussi que si l’on doit faire une comparaison concrète par rapport à la personne adulte, c’est le repas que l’on aime le plus. Il englobe tout ce qu’il faut de façon équilibrée. «L’enfant qui consomme le lait maternel correctement aura tous les nutriments dont il a besoin de manière proportionnelle afin de croitre de façon harmonieuse pour le bon développement de son organisme», précise-t-il. A l’en croire, le tout premier liquide de couleur jaunâtre que le nourrisson consomme appelé colostrum est très bénéfique pour lui. Par ce moyen, le nouveau- né évacue les premières selles et cela lui évite de contracter la jaunisse dont sont victimes les nourrissons qui sont privés de ce liquide riche. La recommandation est de taille: «De la naissance jusqu’à six mois, l’allaitement maternel doit être exclusif c’est-à-dire que l’enfant n’a pas besoin de consommer d’autres boissons que le lait maternel puisqu’il contient en grande quantité l’eau, les vitamines, les protéines, tout ce dont l’enfant a besoin pour fortifier son corps».
Aucun autre lait ne peut apporter tous ces bienfaits à l’enfant au même moment
Le docteur Tusuku insiste sur le fait qu’aucun autre lait ne peut apporter tous ces bienfaits à l’enfant au même moment. La prévention en découle automatiquement: l’enfant bénéficie de nombreux anticorps. Ce qui lui permet d’éviter toutes maladies, même si sa mère les contracte. «Le lait maternel est un créateur des aspects psychomoteurs, l’enfant qui consomme correctement le lait maternel sera sociable, aimable avec son entourage, sensible aux divers problèmes qui l’entourent», martèle ce médecin. Il explique que le tout premier avantage pour la femme qui allaite est que cela lui évite d’avoir des hémorragies post-partum, c’est-à-dire après l’accouchement. C’est ainsi que la femme doit nourrir son nouveau-né au sein dès la première heure après l’accouchement, car le lait maternel permet la contraction de la matrice et la mère va moins saigner après l’accouchement. «Pour celles qui n’allaitent pas leurs nourrissons comme indiqué par les experts de la santé soit une heure après avoir accouché, l’hémorragie sera plus importante et peut entrainer la mort», note le docteur, indiquant que pour la mère qui alimente son enfant au moyen du lait maternel, elle sera épargnée de maladies telles que les cancers des ovaires, du sein et celui de l’utérus. Tusuku précise que l’allaitement maternel constitue aussi une méthode contraceptive pour certaines femmes et aide la femme qui allaite correctement son enfant à espacer les naissances. C’est un aliment qui est à l’entière disposition de l’enfant, quand il le sollicite, il doit être automatiquement servi.
Des économies substantielles en termes de frais médicaux
C’est un grand avantage, cet allaitement. «La mère n’a pas de quoi s’en faire pour l’alimentation de son enfant, car elle a, à sa portée, un aliment prêt, propre que l’enfant consommera sans modération et ne lui permettra pas d’entrer en contact avec certaines maladies. Cela aide la famille à économiser en termes de frais médicaux. La mère aura le temps de se reposer, car elle ne sera pas occupée à préparer d’autres repas pour son enfant parce qu’il est nourrit au lait maternel», ajoute-t-il. Pour la communauté, les enfants correctement allaités seront des hommes valides pour contribuer au développement à tous les niveaux. Le pays sera épargné d’importer les autres qualités de lait parce que les mères jouent pleinement leur rôle en nourrissant constamment leurs enfants avec le lait maternel. Le Dr Toussaint Tusuku insiste sur le fait que l’allaitement est exclusif les six premiers mois de la vie de l’enfant. Après ces mois passés, l’enfant prend du poids et le lait maternel se doit d’être associé avec une alimentation de compléments adéquats. Elle doit comporter les aliments de base appelés «quatre étoiles» dérivés de céréales -riz, maïs, fruits-bananes, ananas; légumineuses-soja, animale -poisson, viande et œuf. «La mère doit préparer ces aliments de base sous forme de bouillie pour l’absorption facile de l’enfant», recommande le médecin.
De la consistance, de la fréquence, de la variété de la nourriture de l’enfant
La mère doit tenir compte de la consistance de la nourriture de l’enfant, c’est-à-dire faire une bouillie qui sera composée d’une mesure de farine de riz ou trois mesures de courges et d’une mesure de légumineuse, soit 1/3 ou 2/3. Après les six mois de l’allaitement exclusif, la première bouillie consommée par l’enfant doit être composée d’une seule céréale soit de farine de riz ou celle de maïs. Elle doit être compacte pour permettre à l’enfant de la manger facilement. De la fréquence à laquelle l’enfant doit se nourrir soit consommer sa bouillie deux ou trois fois par jour jusqu’à neuf mois et après ces mois passés, son alimentation varie, cinq fois par jour soit cinq fois par jour -trois grands repas- riz, fufu, viande, légumes ainsi que deux petites collations- bouillie, fruits. De la quantité que doit consommer l’enfant. Dès la première semaine où il commence à consommer ne fût-ce que la moitié d’une cuillerée, il franchit déjà un grand pas. Pour les semaines qui suivront, il sera plus apte de par l’encouragement de sa mère à manger. De la variété. La mère doit varier l’alimentation de son enfant, le jaune d’œuf mélangé avec du poisson frais ou fumé écrasé et fait sous forme de bouillon, deux ou trois feuilles d’épinards pillés ou recueillir la sève des légumes mélangés à du sucre et y ajouter à la fin de la cuisson une cuillérée d’huile de palme pour la préparation plus énergétique. Durant la journée, l’enfant peut consommer du jus d’orange, d’ananas, etc. Quant à l’hygiène, les aliments destinés à la consommation des enfants en bas âge doivent être soignés, bien cuits afin de leur éviter les microbes. Le Dr Toussaint insiste sur le fait que si la mère reprend le travail après son congé de maternité, elle peut laisser du lait maternel à l’enfant dans des tasses ou bols couverts et après chaque deux ou trois heures, la personne qui garde l’enfant pourra le servir à l’aide d’une cuillère. Il souligne, pour terminer, que la mère qui revient du travail, avant d’allaiter son enfant, doit prendre une douche rigoureuse -générale- pour des questions d’hygiène.
Harmony FINUNU

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